Le couronnement du retranchement
Les luttes intestines déchirent d’ordinaire les partis politiques en cours de course à la chefferie, et non dans les minutes qui suivent le couronnement d’un nouveau chef. Au terme d’une campagne au leadership qui s’est déroulée dans l’ombre quasi totale, les néodémocrates auraient certainement préféré que la victoire d’Avi Lewis suscite d’autres réactions dans leurs rangs et, surtout, d’autres manchettes. Or, en faisant le pari de se camper résolument à gauche de la gauche avec M. Lewis, les militants du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont préféré l’audace, mais aussi une route qui s’annonce pavée d’obstacles.
Le NPD vivote dans le pire marasme des 30 dernières années de son histoire. À choisir entre le statu quo du pragmatisme et la témérité de l’idéalisme, les néodémocrates ont voulu tenter une renaissance par cette seconde avenue : avec la promesse d’épiceries et d’un fournisseur de télécommunications publics, d’un « New Deal vert » mettant fin à tout nouveau développement d’hydrocarbures ainsi que de l’investissement de l’équivalent de 2 % du produit intérieur brut dans la transition écologique.
Le nouveau chef du NPD se revendique d’un populisme de gauche. Ses partisans, eux, se proclament socialistes. La rupture est nette — le NPD s’était pourtant défait de cette dernière étiquette politique en........
