Éditorial | La réinvention éclipsée
Il aura fallu plus de trois ans à Pierre Poilievre avant de s’intéresser aux affaires internationales. Ou le choc d’une amère défaite électorale dont il n’arrive toujours pas à se relever, qui l’a contraint à admettre que simplement décrier les « élites mondiales » ne ferait jamais de lui un chef de l’opposition premier ministrable. Il était plus que temps qu’il étaye un tant soit peu sa vision économique et géopolitique. Son excursion européenne de cette semaine n’en aura pas offert trop peu en la matière, mais risque bien en revanche d’avoir été menée trop tard.
Pierre Poilievre vient probablement de prononcer en l’espace d’une semaine davantage de grands discours d’énoncés politiques qu’au cours de toute sa première année à la tête du Parti conservateur du Canada. Après son boudage des ambassades étrangères d’Ottawa, le voilà soudainement en tournée dans les capitales anglaise et allemande, à la rencontre d’élus et de gens d’affaires. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette toute dernière métamorphose s’adresse d’abord et avant tout aux électeurs canadiens.
La réinvention est telle que M. Poilievre multiplie même les entrevues avec des médias traditionnels — y compris la tant calomniée CBC. Le chef conservateur vient de comprendre que s’enfoncer en terrain........
