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Le grand blanc

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27.01.2026

Avez-vous déjà remarqué que les livres sont parfois des corridors qui mènent les uns aux autres ? Comme si la littérature était un grand labyrinthe et qu’au détour d’une lecture, on pouvait en rencontrer une autre.

À l’été 2024, La part de l’océan, de Dominique Fortier, a déclenché en moi l’envie de lire Moby-Dick, d’Herman Melville. Mais comment traverser cet océan et approcher ce monstre mythique ? J’en avais brièvement parlé dans une chronique. Alexandre, ami du secondaire expatrié en Allemagne, m’avait écrit un mot pour me proposer qu’on le lise en parallèle, chacun sur notre continent, en échangeant au fil des pages lues. Comme un très petit club de lecture en simultané, exclusif, à deux membres. L’idée nous est restée en tête : on se ferait signe quand on serait prêts.

Il y a quelques semaines, le père d’Alexandre est décédé. Je lui ai envoyé un mot de réconfort face à cet arrachement immense. « Ma sœur et moi avons réalisé que l’attitude de mon père face à la mort nous aide, m’a répondu Alex. Nous en parlions souvent ensemble. En mai dernier, il nous avait dit avec toute sa tendresse et son humour uniques : “Quand je vais partir pour le Grand Voyage, ne soyez pas tristes. Mettez de la belle musique et détendez-vous, je serai là”. »

Le froid des derniers jours, la neige blanche partout, la perte d’un père… Il m’a semblé que le moment était peut-être venu de plonger dans Moby-Dick.

Alexandre a proposé qu’on se le microdose sur un an, à un rythme lent, ce qui me convient tout à fait, puisque c’est ma cadence naturelle. Je lis très lentement et, en plus,........

© Le Devoir