Notre civisme jeté aux poubelles
Lorsqu’on les sonde sur leurs habitudes domestiques de recyclage des matières, les Québécois répondent présents et affirment s’y adonner avec entrain et conviction. Mais les bords de route et les rivages disent autre chose de leur adhésion aux règles environnementales, car on y trouve des tonnes de détritus lancés avec désinvolture, dont la quasi-totalité aurait pu être envoyée au bac à recyclage. Ces résultats, tirés d’une première étude du genre effectuée par Recyc-Québec, nous tendent un véritable miroir de la honte.
En 2023, quelque 4,3 tonnes de déchets en bordure d’autoroute et 2,5 tonnes sur les rives ont été analysées par Recyc-Québec. Les résultats de cette « caractérisation des déchets sauvages » sont atterrants : du lot de détritus, 87 % des matières étaient recyclables et 54 % étaient du plastique. Au volant d’une voiture, pas de pitié pour un déchet encombrant qui doit disparaître de la vue. On baisse la vitre et on envoie valser l’objet au bout de ses bras, ni vu ni connu. Allez, hop ! Une boisson ou un aliment terminés, un contenant de lave-glace, une couche souillée, des ustensiles, des mégots, des pneus : rien ne résiste à la discipline du lancer du déchet sur le bord de l’autoroute.
Plastique, cartons, contenants, bouteilles. Voilà des matières que nous savons pertinemment recycler, et depuis près........
