Justice rendue pour les demandeurs d’asile
La Cour suprême a tranché : il est discriminatoire pour les femmes d’exclure les demandeuses d’asile d’un accès aux services de CPE pour leurs enfants, comme le Québec le faisait depuis 2018. Sitôt rendue, cette décision magistrale qui vient corriger une injustice a été remise en question par des membres de la classe politique, qui menacent de recourir à la clause dérogatoire pour contourner la conclusion des juges. Ce spectacle est absolument désolant.
Derrière ce jugement se trouvent la ténacité et le courage de Bijou Cibuabua Kanyinda, une mère de trois enfants originaire de la République démocratique du Congo. Entrée au Québec par le chemin Roxham en octobre 2018, elle s’est vu refuser une place subventionnée en garderie pour ses enfants alors qu’elle était en attente de son statut. Elle bénéficiait d’un permis de travail. Sa situation incarne à elle seule l’absurdité d’un système qui offre en théorie un accès à l’emploi, mais qui en pratique l’empêche, car il n’y a personne à part la maman pour garder les enfants. Des mères comme Mme Kanyinda se sont retrouvées contraintes d’avoir recours à l’aide sociale, non par choix, mais parce que le coût d’une garderie privée — environ 50 $ par jour, contre moins de 10 $ en CPE — équivalait parfois à leur loyer mensuel.
Cette histoire a commencé en 2018, quand le gouvernement........
