Politiser l’inconfort dans les milieux féministes institutionnalisés
Chaque semaine, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons un extrait d’un texte de la revue Possibles, vol. 49, no 2.
Le féminisme est intrinsèquement lié à l’inconfort, que j’utilise ici comme synonyme de malaise : malaise à vivre comme femme dans une société patriarcale, coloniale, capitaliste, raciste, transphobe et capacitiste ; malaise à exister à l’intérieur des systèmes politiques, juridiques, carcéraux, médicaux et scolaires qui y participent et à lutter contre eux ; malaise à naviguer dans des espaces publics, professionnels, familiaux ou numériques qui en sont traversés ; malaise qu’on déclenche quand on dérange un espace ou une joie qui se faisaient sans nous ; malaise qu’on ressent et qu’on crée quand on dénonce les violences qu’on vit ; malaise quand on rencontre des obstacles à dénoncer ; malaise quand on apprend à collaborer avec des personnes qui n’ont pas les mêmes expériences que nous ; et malaise quand certaines nous disent qu’on participe à leur propre oppression.
Le malaise est central dans le vécu........
