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Éditorial | Le préjudice du doute

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22.05.2026

La pandémie est derrière nous, mais le conspirationnisme vit encore des jours fastes. Il a même légèrement progressé partout au Canada. Si l’adhésion franche et convaincue à des théories complotistes reste marginale, le doute que de tels énoncés peuvent susciter, lui, gagne notablement du terrain. Cette indécision rampante est une très mauvaise nouvelle pour la santé du dialogue démocratique.

Lorsqu’il s’emballe, le doute ouvre plein de portes par lesquelles peuvent s’engouffrer toutes sortes de théories fumeuses et de désinformations massives. Dans son récent rapport analysant l’évolution de l’adhésion au conspirationnisme au Canada et au Québec, la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents voit dans la progression de l’indécision « la face cachée de la hausse de l’adhésion au conspirationnisme ».

Ce constat devrait tous nous interpeller.

Convenons d’abord que les termes « conspirationnisme » ou « complotisme » sont chargés. Leur utilisation prête aux critiques et aux raccourcis et il importe d’en dépasser le vernis péjoratif. Or, ce n’est ni en dénigrant ni en niant ces théories qu’on freinera leur progression. Il faut plutôt aller à la racine du phénomène pour mieux le définir et comprendre à quels élans primordiaux il répond, ce que la chaire fait très bien.

Dans leur rapport........

© Le Devoir