Passer à autre chose
Je ne peux pas croire que seulement deux semaines se sont écoulées depuis le deuil collectif consécutif à l’élimination du Canadien dans un aréna cerné de parcs de stationnement et d’autoroutes d’une banlieue américaine générique, un triste vendredi soir. Comme il convient pour un deuil, la plupart des commentateurs, le lendemain, avaient déjà rangé leur panier de tomates pour puiser dans leur réserve de pensée positive et d’éloges fleuris : une belle équipe malgré tout, encore un peu verte, une saison de rêve, les buts de Caufield, les points de Suzuki, un parcours inespéré en séries, etc.
Et ces puissants Hurricanes, ouh la la, avec leur mécanique étanche et bien huilée qui fait plonger le nombre de tirs au but de l’adversaire aussi sûrement qu’une nuit de mars fait descendre la colonne de mercure dans nos thermomètres…
Deux jours plus tard, tout le monde cogitait déjà très fort pour refaire l’équipe à son goût, celui du champagne dans le gros bol de lord Stanley, à coups d’échanges et de signatures d’agents libres avec compensation ou pas et de promotions d’espoirs lavallois sous la bannière de flanelle du gros club. Même moi, je me surprenais à plancher sur un projet de restructuration en profondeur de l’équipe, avec Connor McDavid au centre du premier trio et l’humble Suzuki acceptant de bon cœur d’être rétrogradé sur la deuxième ligne d’attaque pour que ça sente encore plus la Coupe : obligés d’affronter Nick après Connor, les entraîneurs des rivaux du CH seraient aussi découragés que leurs confrères qui, dans les années 1980, devaient se frotter à un Mark Messier quand Gretzky était fatigué.
Dans leur quête désespérée d’un........
