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Idées | Quand les hommes apprennent à haïr

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19.05.2026

Les réseaux sociaux n’ont pas seulement transformé notre rapport à l’information. Ils ont transformé ce que certains hommes pensent être. Ce qui relevait autrefois d’une confusion normale, d’une masculinité en quête de repères, est devenu un marché. Des algorithmes qui captent la frustration, la nourrissent, la transforment en idéologie. Ce n’est pas un phénomène marginal. C’est une infrastructure.

Ce vide n’est pas un accident. Il est fabriqué.

Les plateformes fonctionnent sur un principe simple : plus une idée suscite une réaction vive, plus elle circule. La nuance est inutile. Elle ne choque pas. Elle ne mobilise pas. Elle ne rapporte rien.

Alors elle disparaît.

À sa place, des communautés fermées, des discours qui nomment un ennemi, des certitudes produites en série. L’homme seul, en colère, qui cherche une explication à ce qu’il vit en trouve une. Rapide. Propre. Fausse. Les femmes deviennent les ennemies. Le féminisme, le problème. Et lui, la victime d’un déséquilibre qu’il ne comprend pas.

C’est ainsi que prolifèrent des figures comme Andrew Tate, non pas parce que leur message est vrai, mais parce qu’il est efficace, parce qu’il donne un sens immédiat à une douleur réelle, parce que l’algorithme sait exactement quoi servir à un........

© Le Devoir