Bettelheim en mémoire
En 1976, il y a donc 50 ans cette année, le psychanalyste Bruno Bettelheim (1903-1990) publiait Psychanalyse des contes de fées, son livre le plus célèbre.
Je l’ai lu pour la première fois au début des années 1990. Je commençais à enseigner la littérature au collégial et je cherchais des manières de stimuler l’intérêt des jeunes pour une matière qui, trop souvent, ne leur disait rien. Ça a marché.
Les contes de fées, dans cette stratégie pédagogique, étaient un prétexte. Je constatais en effet que les étudiants souffraient d’une sérieuse panne d’inspiration à l’heure d’interpréter les textes. Ils n’arrivaient que rarement à dépasser le stade du résumé. Ils lisaient Des souris et des hommes de Steinbeck, par exemple, et en concluaient banalement qu’il s’agissait d’une belle histoire triste d’amitié.
Les interprétations des contes faites par Bettelheim les impressionnaient. « Une petite chambre fermée à clé représente souvent dans les rêves les organes sexuels de la femme, et la clé tournant dans la serrure symbolise le coït », écrit Bettelheim dans son analyse de La Belle au bois dormant. Dans sa lecture de Cendrillon, le psychanalyste explique que, « symboliquement, pour l’inconscient », la pantoufle peut « représenter le vagin ou des notions........
