Qu’on ne concède pas sans notre consentement
Chaque lundi, Le Devoir vous propose de ralentir en réfléchissant avec lui à un sujet qui colore l’air du temps. Cette semaine, on mesure ce qu’il nous en coûte de dire non aux puissants.
On nous apprend dans les nouvelles que le gouvernement Trump souhaiterait que le Canada fasse des concessions (paie un « prix d’entrée ») avant que les négociations pour la révision de l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ne commencent. Parmi ces concessions, on évoque les quotas du secteur laitier, l’alcool américain et les politiques en matière numérique.
C’est peut-être parce que le Québec a récemment connu des ratés spectaculaires en matière numérique et que, depuis le début des guerres à Gaza et en Iran, l’industrie de la « Tech » connaît un essor inégalé dans l’histoire que cette dernière concession mérite une attention particulière ; qu’il nous faut envisager les conséquences de ces transactions pour l’avenir économique, écologique et culturel du Canada et du Québec, mais aussi les possibilités d’un avenir où le territoire — les personnes qui y habitent et les ressources qui s’y trouvent — est proprement défendu.
Dans le lot de l’information récente qui parvient au commun des mortels, retenons l’annulation de la taxe fédérale sur les services numériques des « géants du Web » ; l’implantation de plus d’une soixantaine de centres de données au Québec ; la commission Gallant qui a fait la démonstration, entre bien d’autres choses, du manque d’expertise au sein du gouvernement et de notre vulnérabilité devant les firmes multinationales en technologie de l’information ; plus récemment encore, et dans la même veine, le Dossier santé numérique dans le cadre duquel le gouvernement du Québec a octroyé un contrat de 1,5 milliard de dollars à la firme américaine........
