Les grenouilles s’attrapent à la passoire
Demande-moi donc si mon endroit préféré au monde, c’est une cabane dans le bois avec un lac, mes enfants et mon mari. Ma famille est mon endroit préféré. Mais elle pogne une coche de paradis quand elle séjourne au fond de la forêt. Je t’écris d’un camp rustique de la SEPAQ, plus précisément en direct de notre char, car je me suis isolée du ronronnement familial. Les ados qui sortent de leur sommeil comme des marmottes, mon mari qui farfouille pour démarrer le feu du déjeuner et toute cette beauté dans laquelle je voudrais me perdre. L’être contemplatif a bien du mal à se concentrer sur autre chose que la nature qui l’ensorcelle et, bien que je trouve de la joie à observer les passants monter dans un autobus de ville, je pourrais dépenser toutes mes heures à regarder le cliquetis de l’eau sur un lac.
Je ne sais pas si c’est normal de pouvoir se contenter de si peu dans un monde qui nous crie sans cesse qu’il existe un nouveau gadget. Bien sûr, méfions-nous de nos pensées de vacances, ce pays que l’on visite une ou deux fois par année et qui voudrait nous faire croire que ce mirage pourrait être notre vie. En tout cas, mes trois ados ne survivraient pas sans réseau et sans électricité, cher journal. Mais moi, ce concentré de bonheur, ces quelques jours où on ne connaît pas l’heure, ce ciel étoilé que l’on voit enfin loin de la lumière des réverbères, et surtout, ce silence ! Je me roulerais dedans.
Pas une seule machine qui buzze en vue. Il n’y a que l’auto et elle prend la poussière. Le........
