Mettre un frein
Après avoir entendu 44 témoins et avoir tenu plus de 30 heures d’audiences, le Comité spécial mixte sur l’aide médicale à mourir, chargé d’examiner l’élargissement de l’admissibilité à cette procédure à des patients souffrant d’une maladie mentale, a accouché de son rapport final cette semaine en ne faisant qu’une seule recommandation : exclure « indéfiniment » ces personnes de l’admissibilité à cette mesure.
Or, cette recommandation est loin de faire l’unanimité parmi les 17 députés et sénateurs qui se sont penchés sur la question. Plusieurs d’entre eux ont dénoncé la façon dont le coprésident du comité, le député libéral ontarien Marcus Powlowski — un médecin qui s’était déjà opposé à l’élargissement de l’admissibilité à l’aide médicale à mourir (AMM) à des personnes dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible —, avait mené les travaux du comité.
Dans une opinion dissidente, les sénatrices Rosemary Moodie et Pamela Wallin, ainsi que leur collègue Kristopher Wells, n’y sont pas allées de main morte en déplorant un « processus hautement irrégulier et boiteux », de même que « la piètre qualité des données empiriques, médicales, scientifiques » présentées devant le comité.
Plus des deux tiers des témoins invités à apparaître devant le comité s’étaient déjà prononcés publiquement contre l’élargissement de l’admissibilité à l’AMM à des personnes souffrant d’une maladie mentale, alors les députés libéraux et conservateurs se sont servis de leur majorité au sein du comité pour........
