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Le retour des arguments de peur

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09.05.2026

L’annonce, en janvier 1978, du déménagement du siège social de la compagnie d’assurances Sun Life de Montréal à Toronto a marqué un tournant dans l’histoire de l’industrie financière canadienne. Montréal a longtemps abrité les sièges sociaux des principales banques ayant financé l’industrialisation du pays, ce qui faisait d’elle le centre financier du Canada. Montréal a perdu ce statut en l’espace de quelques années, dans la foulée de l’arrivée du Parti québécois, élu pour la première fois en 1976. L’exode fut aussi brutal que rapide.

« Nous n’envisageons pas comme probable la séparation du Québec du reste du Canada, avait alors déclaré le président de la Sun Life, Thomas Galt. Cependant, comme il apparaît évident que la langue de la province de Québec deviendra de par la loi en très grande partie le français, nous ne pouvons plus croire qu’il nous sera possible de recruter ou de retenir à Montréal, ni d’amener de l’extérieur du Québec, un nombre suffisant de personnes de langue anglaise douées des qualités et de la compétence nécessaires pour pratiquer les opérations journalières de la compagnie. »

Pour le premier ministre péquiste René Lévesque, l’annonce de la compagnie avait constitué « un refus hargneux d’accepter l’évolution normale du Québec et du milieu québécois qui l’a bien nourrie depuis un siècle ». Son ministre des Finances, Jacques Parizeau, était allé plus loin en menaçant la Sun Life de représailles, notant qu’elle détenait les polices d’assurance de milliers d’employés d’Hydro-Québec.

Il n’empêche que le........

© Le Devoir