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Prisonniers de la neige

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02.02.2026

À la moindre bordée de neige, les rues s’étranglent comme jamais. Chaque hiver, l’augmentation constante du nombre de véhicules ne fait qu’exacerber les difficultés.

Montréal se plaint d’avoir une machinerie désuète. Près de 25 % de son équipement de déneigement serait inutilisable. Du moins, c’est ce que prétend la mairesse, Soraya Martinez Ferrada. Comprenez, en tout cas, qu’il s’agit d’une question à plusieurs millions.

L’hiver est devenu, pour les administrations municipales, une équation chiffrée.

Le refus d’assumer le simple poids des éléments nourrit tensions et divisions.

À Québec, Bruno Marchand affirmait récemment qu’il ne voit plus les bordées de neige de la même façon depuis qu’il est maire. La ville figée qu’il aimait autrefois lors des tempêtes lui évoque désormais surtout la perte de quelques millions.

De tout temps, l’humanité se heurte sur le mur de l’hiver. Et le déneigement est devenu une nouvelle forme de tragédie associée à la saison froide.

La dimension tragique de l’hiver remonte à loin. La bourrasque, une nouvelle de Pouchkine, en esquissait déjà les contours. Tolstoï élargira le registre jusqu’à la sphère des bouleversements intimes, dans des récits comme La tempête de neige ou dans Anna Karénine, son grand roman.

Les tableaux hivernaux de Jean Paul Lemieux appartiennent eux aussi à cette tradition de l’hiver tragique. Ils auraient pu servir à illustrer des romans de Tolstoï. Comme l’écrivain, le peintre joue........

© Le Devoir