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L’attente fatale du système de santé

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Ma conjointe de 69 ans, autrefois en pleine forme, combat aujourd’hui un cancer colorectal de stade 3C. Son parcours illustre l’immobilisme d’un système où chaque délai pèse sur les chances de survie.

Une chronologie de l’attente. 15 septembre 2025 : urgence pour douleurs abdominales. Un CT-scan révèle une masse. 15 octobre : la coloscopie confirme une tumeur obstruant le côlon. 15 octobre, toujours : confirmation que la tumeur est cancéreuse. 2 janvier 2026 : chirurgie de 10 heures (initialement prévue le 18 décembre). 27 mars : début de la chimiothérapie, soit six mois après les premiers symptômes et cinq mois après le diagnostic. Alors que l’intervalle postopératoire recommandé pour la chimiothérapie est de six à huit semaines, ma conjointe a dû attendre douze semaines. Entre-temps, la pathologie a révélé une progression vers le stade 3C.

Le scandale du test TIF. Le cancer colorectal est au deuxième rang des plus meurtriers au Canada, mais il est détectable. Au Québec, le test immunochimique fécal (TIF) est gratuit et accessible sans ordonnance pour les 50 à 74 ans.

Le problème ? Sans médecin de famille, personne n’est informé. Le gouvernement ne fait aucune publicité pour ce programme de dépistage volontaire, laissant des milliers de citoyens dans l’ignorance. Ma conjointe, sans médecin de famille, n’a jamais pu bénéficier de cet examen préventif, qui aurait tout changé.

« Le cancer colorectal est un tueur silencieux qui frappe des gens de plus en plus jeunes. Combien de vies devront être sacrifiées avant que le dépistage ne devienne une priorité de santé publique réelle ? »


© Le Devoir