Des canicules (géo)politiques
Les vagues de chaleur historiques en Europe — quatre canicules en dix semaines, entre mi-mai et début août en France, l’apéro de 18 h par 38 degrés Celsius sur les terrasses à Paris — ne sont pas que de désagréables « pics » passagers. Et leurs conséquences ne sont pas seulement « climatiques ».
Cet été caniculaire a fait voir des scènes sans précédent. Des hydravions puisant de l’eau dans la Seine pour éteindre l’incendie de Fontainebleau, l’ancienne forêt de chasse des rois de France. Des milliers d’animaux (reptiles, amphibiens, insectes, petits et grands mammifères) piégés par les flammes ou asphyxiés.
Le Rhin et le Danube, à leur plus bas niveau historique (quelques dizaines de centimètres de profondeur à certains endroits), sont devenus quasiment impraticables, ce qui réduit à la portion congrue les flux commerciaux (des bateaux à 30 % de leur capacité de charge) et entraîne des retards de livraison — voire des annulations.
Des feux de forêt sans précédent au Pays de Galles, à la frontière belgo-allemande, près des plages croates… Des centrales nucléaires mises provisoirement à l’arrêt, faute d’eau pour l’essentiel refroidissement.
Tout cela n’illustre pas un phénomène conjoncturel, mais bien une dégradation qui se poursuivra.
Ces vagues entraînent des répercussions que l’on peut qualifier de géopolitiques : menaces sur la sécurité énergétique, la souveraineté alimentaire, l’approvisionnement en eau, mais aussi sur l’état des armées ou la cohésion sociale.
Exemple : les........
