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Une politique d’intégration nationale plus nuancée et plus inclusive que la loi

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Après des décennies de débats infructueux sur la question de l’intégration et du vivre-ensemble et une commission d’enquête (Bouchard-Taylor), le gouvernement du Québec a finalement fait adopter, le 28 mai 2025, une première loi contraignante en la matière.

La Loi sur l’intégration à la nation québécoise annonçait qu’une politique serait élaborée par le ministre de la Langue française pour la rendre effective. En vigueur depuis le 19 juin 2026, la Politique sur l’intégration nationale marque avec la Loi plusieurs contrastes qui méritent d’être soulignés.

Bien sûr, la Politique doit respecter le cadre législatif. Par son langage et sa vision plus dynamique de la culture commune, elle corrige néanmoins plusieurs lacunes de la Loi. Elle est mieux écrite, mieux pensée et, surtout, mieux adaptée au Québec contemporain.

Une vision restrictive et unidirectionnelle de la culture commune

La Loi repose sur une volonté légitime : préserver la vitalité du français et la continuité d’une nation francophone minoritaire en Amérique du Nord. Le problème n’est pas de défendre cette culture commune, mais de la définir de façon restrictive et unidirectionnelle.

La Loi demande aux personnes immigrantes et issues des minorités ethnoculturelles de s’intégrer à un ensemble culturel déjà largement défini par la majorité historique francophone, sans que l’on reconnaisse l’apport de la diversité culturelle au développement de la nation québécoise.

Or, la Loi prend insuffisamment acte du fait que le Québec est une terre d’immigration. Une société et sa culture sont organiques : elles évoluent et se nourrissent des interactions entre les personnes qui partagent un territoire. L’immigration a favorisé la mixité culturelle et a contribué à enrichir........

© Le Devoir