L’État peut imposer la loi, pas le respect
En tant que citoyen, un mot me rend perplexe dans l’annonce de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada : « insultes ». La Ville veut adopter un règlement pour mieux protéger ses employés, policiers compris, contre les insultes, les menaces et les gestes d’intimidation. L’intention est légitime. Menaces, intimidation, violence : personne ne devrait subir cela parce qu’il travaille pour une municipalité.
C’est précisément là que Montréal doit, à mon avis, tracer une ligne très nette.
Une menace peut être définie. Une agression peut être constatée. Une entrave aussi. L’insulte dépend des mots, du ton, du contexte et parfois de la susceptibilité de celui qui la reçoit.
Je ne mets pas en doute les bonnes intentions de Montréal. Je m’interroge sur le pouvoir que la Ville s’apprête à créer pour les réaliser.
Le projet montréalais n’arrive pas dans le vide. Au printemps, Mohamed Bekkali avait provoqué une indignation généralisée après la diffusion d’une vidéo où il abreuvait une policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d’insultes misogynes particulièrement ordurières. Il n’y avait rien à défendre dans ses propos. Par la suite, le 31 mars, l’Assemblée nationale a adopté, à 92 voix contre 0, une motion demandant d’interdire d’injurier ou d’insulter les policiers.
L’indignation morale devenait un projet de sanction.
Montréal s’apprête aujourd’hui à traduire cette préoccupation en règlement municipal. C’est........
