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Adelphes et taouins

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26.10.2026

J’ai vu une agora d’êtres esseulés pris ensemble dans leurs différences. Des humains défaits en pièces par la machine à occurrences. Des danseurs pris de fièvre devenant divinités en transe. Des musiciens-chamans orchestrer une vitale danse. Un rite des dieux singeant nos semblables et l’effritement profond de leurs liens. Une fête de la fin. Une partition enlevante pour corps brûlants. Des danses de contagion. Une possession vibrante.

J’ai entendu la langue de mon peuple qui ne s’est pas nommé encore. Entendu la voix têtue de Pauline chantant le deuil de nos amours à distance, de nos enfances libres, de nos errances, de nos écrins de joie, de nos tristesses de faïence, de nos plus grands désarrois dans la vibrance, de notre rêve brisé de se reconnaître enfin comme courtepointe, catalogne et autres rapiéçages qui tiennent chaud dans les matins de silence. Entendu l’appel si juste de Godin, bras ouverts, pour nous faire comprendre l’importance d’accueillir l’autre venu d’ailleurs sous notre édredon de métier à tisser à la navette glissante.

Sentir parfois la présence de ces deux-là dans la tour où je me tiens pour écrire dans le petit matin, étincelant de brouillard. Lieu exact où ils vécurent quand le poète était de fonction-législation, face à l’ouvrant d’un fleuve-merveille. Là où, proche, loge la gouverne d’un roi à la citadelle au coup de canon de midi rappelant que « guerre » est le mot d’effroi disant qui peut ériger le droit.

J’ai senti la mort rôder dans six portraits de terreur. Où la vie perle d’espoirs en........

© Le Devoir