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L’aveuglement des leaders

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26.04.2026

« Je pense que nous ne sommes pas devenus aveugles, je pense que nous étions aveugles, des aveugles qui voient, des aveugles qui, voyant, ne voient pas. » Cette phrase de José Saramago résonne avec une acuité particulière dans nos organisations contemporaines. Non pas parce que la souffrance y serait invisible, mais précisément parce qu’elle y est vue, connue, documentée et pourtant ignorée. Le problème n’est pas l’absence de signes, mais notre capacité collective à les banaliser, à les neutraliser, à détourner le regard tout en sachant. Ainsi s’installe une forme d’aveuglement actif, de sorte que l’on continue à gérer, à décider et à organiser, exactement comme si les souffrances au travail n’étaient qu’un bruit de fond sans conséquences.

Pourtant, dans les milieux de travail contemporains, les souffrances ne sont ni invisibles ni marginales. Elles sont repérées, documentées et mesurées. Au Québec, les données sur la santé mentale, le harcèlement et les violences au travail permettent de dresser un constat sans ambiguïté : il y a beaucoup de souffrances dans nos organisations. Et pourtant, une question demeure : comment expliquer que tant de gestionnaires et de politiciens........

© Le Devoir