«Rosebud», symbole d’un individualisme autodestructeur, depuis Kane jusqu’à Trump
Rosebud, c’est cette énigme du dernier mot prononcé quelques secondes avant sa mort par le milliardaire Charles Foster Kane dans Citizen Kane, le chef-d’œuvre d’Orson Welles réalisé en 1941. Qu’est-ce que ce bouton de rose mortuaire peut bien vouloir dire à la fin d’une vie de toutes les démesures qui ressemble à s’y méprendre à celle de cet autocrate bien contemporain qui dirige aujourd’hui le monde comme une téléréalité ?
Xanadu, le domaine que Foster Kane s’est fait construire en Floride est une anticipation stupéfiante de Mar-a-Lago. Son argent lui vient, comme celui de notre agent orange, d’un héritage gargantuesque. Même le déclenchement de la guerre pour des raisons douteuses se trouve évoqué par Kane sur un air badin, dans une scène de parodie de music-hall scandaleusement légère. Le pouvoir de Kane est le fruit d’une concentration des médias qui lui permet de fanatiser ses partisans et d’acheter ses contradicteurs ou de les faire emprisonner comme bon lui semble.
Même le délire antidémocratique, désormais célèbre, des élections volées de 2020 se retrouve dans le scénario de 1941, mais aussi ce qui lui fait perdre ses élections : le scandale d’une relation sexuelle cachée qui rappelle drôlement les dossiers Epstein. D’autant plus qu’il s’agit dans le film d’une amourette avec une cantatrice sans talent, Susan Alexander, que........
