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Le Saint-Laurent, notre détroit d’Ormuz?

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31.08.2026

Il arrive qu’un droit de douane cesse d’être un droit de douane. À 50 %, il peut rendre une exportation impossible. La marchandise demeure autorisée à entrer aux États-Unis, mais elle n’y est plus concurrentielle. La frontière reste juridiquement ouverte tandis que le marché se ferme économiquement.

Les nouveaux droits américains ne frappent pas toutes nos exportations : ils visent des produits représentant près de 20 milliards de dollars américains. Il ne s’agit pas d’un embargo général, mais l’effet y ressemble pour les secteurs touchés. La riposte annoncée par Ottawa laisse donc entière une question : que peut faire le Canada lorsqu’une puissance beaucoup plus grande que lui utilise son marché pour le contraindre ?

La fermeture du détroit d’Ormuz rappelle qu’un État peut exercer une influence considérable s’il contrôle un passage dont les autres ne peuvent se passer.

L’Iran ne ferme pas Ormuz en abaissant une barrière. Mines, drones, attaques et autorisations sélectives rendent plutôt le risque de le traverser prohibitif. Selon l’Energy Information Administration, les volumes de pétrole y sont passés de 21,6 millions de barils par jour à la fin de 2025 à 4,9 millions au deuxième trimestre de 2026. Une perturbation locale a provoqué un choc mondial.

Le Canada possède un levier comparable, quoique régional. La Voie maritime relie........

© Le Devoir