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Chronique|La stratégie du bol de pâtes Élisabeth Vallet

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24.04.2026

Est-ce le mythe suranné des ambassades d’un temps ancien que décrivait Roger Peyrefitte, le caractère feutré des tractations diplomatiques, ou encore cette élégance discrète assortie du phrasé délicat des diplomates de carrière ? Toujours est-il que, de loin, plus d’un s’est imaginé un verre de thé à la main, dans les dépendances d’une ambassade occidentale, le long d’un fleuve majestueux, négociant ponctuellement qui un traité, qui un accord commercial, ou l’avenir du monde. En France, d’ailleurs, la voie royale pour la diplomatie de carrière qu’était le « concours d’Orient » subsiste dans sa dénomination, même si elle a perdu de son lustre, symptôme d’un imaginaire romantisé.

Mais voilà, de la même manière qu’on ne s’improvise pas pâtissier (j’en profite pour présenter mes excuses à mon entourage qui fait régulièrement les frais de mon acharnement en la matière), on ne s’invente pas diplomate — les ouvrages de l’ambassadeur Delcorde sont là pour le rappeler. Si certains négociateurs ont pu présenter un talent naturel (il suffit de penser à la « diplomatie de la navette » de Kissinger en 1973-1974 ou encore à l’implication déterminante de Jimmy Carter dans les accords de Camp David en 1978), ils ont souvent dû s’appuyer sur l’expérience des diplomates, tout en ayant souvent la finesse de reconnaître leurs propres limites.

Tel n’est pas le cas de l’occupant actuel du Bureau ovale. Il affirme depuis longtemps, comme en 1984 au New York Times, « qu’il suffit de lui laisser négocier les accords sur les armes [nucléaires] ». Cette même année, et des décennies avant d’atterrir à la Maison-Blanche, il déclare, dans une entrevue avec le........

© Le Devoir