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«Dites à ma femme que je l’aime»

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27.03.2026

« Avec le pouvoir viennent les responsabilités. » Sous la plume de Stan Lee, les mots de l’oncle Ben à Peter Parker devaient entrer dans la culture populaire avec la version cinématographique de la bédé Spider-Man. Et à maintes reprises avant cette consécration culturelle, l’adage a été invoqué dans des moments charnières de l’Histoire. Par la Convention montagnarde (française) de 1793, Teddy Roosevelt ou Winston Churchill.

Il repose sur cette idée que prendre la tête d’une équipe, d’une organisation, d’une institution ou d’un pays ne se réduit pas à un titre ni à des lauriers, mais vient avec un processus décisionnel organisé et un sens de la responsabilité : celui d’être le dépositaire d’une charge.

Pour un chef d’État, l’une des dimensions de cette charge publique s’attache à l’une des fonctions régaliennes de l’État : la sécurité. Celle de l’État et de sa population (résidents, citoyens et non citoyens), et entendue dans son sens le plus large, intérieure comme extérieure. En théorie, la Constitution des États-Unis octroie une plus grande marge de manœuvre au président en politique étrangère, ce qui lui évite de mêler politicaillerie et sécurité (inter)nationale, distinguant ainsi deux sphères. L’une — intérieure — en prise directe sur l’opinion publique et contrainte a priori par les contre-pouvoirs ; l’autre — extérieure — à même de réagir instantanément aux secousses sismiques géopolitiques et soumise a posteriori aux contrepoids constitutionnels.

De toute évidence, celui que Daniel Drezner a surnommé le « mouflet en chef » (« toddler in chief ») n’a pas reçu ces consignes, à le voir jouer dans la sécurité intérieure et extérieure comme s’il était aux quilles.

En étendant la théorie de l’exécutif unitaire promue par John Yoo sous le gouvernement de George W. Bush, la........

© Le Devoir