menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Pour sauver celles qui sont encore en vie

17 0
21.04.2026

Des centaines de personnes, dont nombre de personnalités, se joignent à la porte-parole et cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, pour réclamer à la nouvelle première ministre Christine Fréchette la réouverture du Parlement et l’adoption de mesures fortes afin de prévenir de nouveaux féminicides au Québec, principalement l’adoption d’une loi Gabie Renaud.

Aujourd’hui, nous vous écrivons avec un sentiment mêlé d’indignation, de fatigue et de tristesse, alors même que nous soulignons votre arrivée comme deuxième femme première ministre. Nous unissons nos voix aujourd’hui, car un profond sentiment d’urgence nous envahit chaque fois qu’une nouvelle femme est tuée par un homme violent.

Depuis le début de l’année 2026, on compte déjà neuf féminicides présumés en contexte de violence conjugale. Neuf femmes tuées. Neuf familles brisées.

Autant de femmes que pour toute l’année 2025, mais en moins de quatre mois. Ce constat nous habite, nous bouleverse et nous choque, comme il choque de nombreuses Québécoises.

Combien de femmes faudra-t-il encore perdre avant que le gouvernement agisse ?

Comme femmes, nous ne pouvons pas rester assises à ne rien faire devant toutes ces vies fauchées. Nous sommes des centaines de milliers de Québécoises indignées.

On ne peut plus dire qu’on ne savait pas ou qu’on manque de solutions.

Pendant que les chiffres montent, pendant que les drames se répètent, pendant que les noms s’accumulent sur cette effroyable liste… des femmes vivent encore dans la peur.

Elles marchent peut-être sur la pointe des pieds chez elles. Elles hésitent peut-être à dénoncer. Elles espèrent peut-être qu’il va changer.

C’est pour elles qu’on doit agir, Madame la Première Ministre. Maintenant et concrètement.

Rouvrez le Parlement et adoptez une loi Gabie Renaud. Bien pensée, une loi inspirée de la loi de Clare pour savoir, prévenir et protéger.

Cette loi permettrait aux femmes de savoir si leur partenaire a des antécédents de violence. Elle leur permettrait de mesurer le danger, et de prendre des décisions éclairées et d’être accompagnées pour tisser un filet de sécurité autour d’elles. C’est une loi qui peut faire la différence entre rester et partir.

Parce que l’information donne du pouvoir. Le pouvoir de se protéger, le pouvoir de vivre. Et cette loi ne peut venir seule.

Vous avez l’opportunité de créer un ministère des Droits des femmes et de l’Égalité et d’utiliser l’argent laissé par votre prédécesseur pour financer des mesures fortes. Cet argent peut, entre autres, soutenir les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et leur offrir un financement stable et suffisant, afin d’ouvrir davantage de places. En ce moment, beaucoup trop de femmes sont refusées. Pourtant, on le sait, le moment de quitter la violence est un moment charnière qui peut faire basculer leur vie.

Nous refusons d’attendre le prochain féminicide, et nous espérons que vous aussi. Refusons toutes ensemble que l’inaction continue de coûter des vies.

Madame Fréchette, agissez, maintenant.

Agissez pour celles qui ne peuvent plus parler.

Et surtout, agissez pour sauver la prochaine qui est encore en vie.

Parce qu’elle existe, quelque part au Québec, aujourd’hui. Parce qu’elle pourrait être la prochaine.

Et vous avez maintenant le pouvoir de l’aider.

Liste des femmes tuées en contexte de violence conjugale en 2026

Hiba Elrhazi, 25 ans, Montréal

Katerine Alejandra Mejia Salinas, 18 ans, Montréal

Danielle Lascelles, 67 ans, Saint-Jérôme

Sonia Maricela Gonzalez Vasquez, 54 ans, Brossard

Marie-Kate Ottawa, 39 ans, Manawan

Véronic Champagne, 40 ans, Rougemont

Susana Rocha Cruz, 44 ans, Québec

Mary Iqiquq Tukalak, 54 ans, Puvirnituq

Tadjan’ah Desir, 31 ans, Montréal

Quelques ressources pour les victimes de violence conjugale et leurs proches

SOS violence conjugale : 1 800 363-9010 (ligne sans frais) ou 438 601-1211 (par texto)

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (Montréal) : 514 878-9757

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 514 878-9134


© La Presse