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Sauvons nos granges en les rendant utiles

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22.07.2026

Les granges patrimoniales construites par nos ancêtres sont des supports à panneaux solaires qui s’ignorent, estime Pierre Lahoud.

Depuis 50 ans, je photographie le Québec vu du ciel. Et d’année en année, je vois disparaître ce qui, longtemps, a donné au paysage rural son rythme et sa noblesse : la grange.

Ces longs bâtiments de bois, coiffés de tôle ou de bardeaux de cèdre, plantés au bout d’un rang, ne sont pas de simples remises. Ils sont la mémoire bâtie de quatre siècles d’agriculture québécoise. Chaque grange-étable raconte une famille, une terre défrichée, un savoir-faire de charpentier transmis de génération en génération. Or ce patrimoine s’effondre. On estime que la moitié des vieilles granges du Québec ne sont déjà plus récupérables. Le constat est partout le même : la grange ancienne ne convient plus à l’agriculture moderne, elle coûte cher à entretenir, et elle ne rapporte rien.

Le propriétaire, devant un toit qui fuit, n’a souvent qu’une option : laisser le temps faire son œuvre ou vendre le vieux bois aux marchands d’antiquités. Dans les deux cas, la grange meurt en même temps que le paysage rural du Québec.

Le problème n’est pas le manque d’affection pour ces bâtiments. C’est le manque d’une raison économique de les garder debout. Je crois que cette raison existe........

© La Presse