L’IA peut-elle faire maigrir l’État ?
Faire gagner du temps à un employé ne rend pas nécessairement une organisation plus efficace, explique le professeur Jean-François Ouellet, encore faut-il repenser plusieurs processus
En cette période électorale, attendez-vous à entendre beaucoup parler d’un État plus efficace. Tous les partis aspirant au pouvoir promettront moins de bureaucratie, davantage de services et un meilleur contrôle des dépenses. Mais c’est Éric Duhaime qui est, jusqu’ici, allé le plus loin : le Parti conservateur du Québec propose notamment de réduire graduellement la fonction publique d’environ 20 000 postes, principalement par attrition, sans réduire les services, en misant entre autres sur la technologie et l’intelligence artificielle (IA).
Au-delà d’une bataille idéologique sur la grosseur de l’État, la proposition conservatrice pose une question économique beaucoup plus intéressante : peut-on réellement produire les mêmes services publics avec beaucoup moins de travail grâce à l’IA ?
Les déboires de DOGE aux États-Unis incitent déjà à la prudence. Réduire rapidement des budgets, des contrats ou des effectifs est relativement facile à annoncer. Démontrer ensuite que l’État produit autant, ou mieux, avec moins de ressources l’est beaucoup moins.
Or, la recherche montre assez clairement que l’IA peut rendre les individus plus productifs. Dans une étude publiée dans le Quarterly Journal of Economics1, Erik Brynjolfsson et ses coauteurs constatent que des agents de service à la clientèle équipés d’une IA générative ont augmenté leur productivité d’environ 15 %.........
