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Mettre les livres là où on ne les attend pas

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23.04.2026

Le mois dernier, j’étais chez le dentiste avec mes deux fils. Pendant que l’aîné se faisait nettoyer les dents, je me suis installée sur la chaise à côté avec le plus jeune. On a ouvert un livre qu’il avait choisi à la maison. On a lu, commenté les images et ri doucement.

L’hygiéniste nous a regardés, un peu surprise. « C’est rare que je voie ça aujourd’hui », m’a-t-elle dit. Rare qu’un parent lise avec son enfant chez le dentiste. Rare qu’on sorte un livre plutôt qu’un téléphone. Dans une salle d’attente, aujourd’hui, le scénario est presque toujours le même. Un parent, un enfant. Deux écrans.

Cette scène, banale en apparence, m’est restée en tête.

Quelques jours plus tôt, à la Foire du livre de Bruxelles, je faisais la rencontre d’intervenantes d’un organisme, Boucle d’or, qui milite pour une idée simple : remettre des livres dans les lieux d’attente. Pas seulement dans les bibliothèques ou à la maison, mais là où les enfants sont déjà, là où ils patientent, parfois longtemps.

L’idée est presque désarmante de simplicité. Et pourtant, elle me semble aujourd’hui essentielle.

On parle beaucoup, à raison, du déclin de la lecture. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en discuter récemment sur le plateau de l’émission Une époque formidable, qui s’est intéressée aux impacts de ce déclin dans notre société, tant pour la préservation de la langue que sur le plan des capacités cognitives et langagières. Les données internationales montrent que les........

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