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Le groupe franco-allemand KNDS, incarnation des contradictions de l’Europe de la défense

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16.10.2026

L’Europe se réarme mais abandonne ses projets industriels phares. Le programme franco-allemand MGCS, surnommé « char du futur », semble bel et bien enterré depuis les déclarations début octobre du chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, qui estime que « malheureusement, les Allemands ont décidé de quitter le projet ». Un coup dur pour KNDS, l’industriel qui en était l’acteur central.

Le producteur de matériel de défense terrestre, célèbre pour les canons Caesar, les chars Leclerc et Léopard, a d’ailleurs dû repousser son introduction en Bourse qui devait initialement avoir lieu cet automne. Moins connu que Dassault, Safran ou Airbus, KNDS est pourtant une entreprise de premier plan de l’industrie européenne de défense.

Son chiffre d’affaires (4,4 milliards d’euros en 2025) a progressé de 16 % l’année dernière tandis que son carnet de commandes, dopé par le réarmement européen, a dépassé 33 milliards d’euros, soit 10 milliards de plus qu’en 2024. Son bénéfice avant impôts est également en hausse et a atteint 661 millions d’euros l’an dernier, soit une marge de 15 %. De quoi rémunérer ses actionnaires, investir un milliard d’euros en Allemagne sur les prochaines années et augmenter ses effectifs de 7 %, à 11 000 salariés en 2025.

L’alliance avant la coopération

Cependant, KNDS illustre les ambivalences d’un secteur qui profite du réarmement continental mais souffre d’une Europe de la défense qui peine à exister. D’un côté, « proposer des solutions européennes permet des économies d’échelle, mais aussi l’interopérabilité dans le continent », indique son porte-parole à Alternatives Economiques, qui cite le programme CaMo (capacité motorisée), dans lequel la France partage avec la Belgique et le Luxembourg les blindés du programme Scorpion et qui vient d’enregistrer 269 commandes supplémentaires. De même, « le char Léopard 2 est un vrai succès européen, qui intègre des éléments de différents pays, par exemple des composants estoniens et norvégiens », complètent-ils. Deux programmes auxquels KNDS participe.

D’un autre côté, les Etats souhaitent conserver leur souveraineté sur cette industrie hautement stratégique. De nombreuses coopérations militaires en ont fait les frais, notamment entre la France et l’Allemagne. 

« En 2017, Emmanuel Macron et Angela Merkel lancent cinq grands programmes franco-allemands : le Scaf (avion de combat), le MGCS (combat terrestre), l’avion de patrouille maritime, le CIFS (artillerie) et le Tigre Mark III (hélicoptère). Aujourd’hui, ces cinq programmes sont morts car l’Allemagne s’est désengagée », détaille Marc Chassillan, consultant pour le ministère des Armées et l’industrie de défense française, dans laquelle il a travaillé pendant quarante ans.

« En 2017, Emmanuel Macron et Angela Merkel lancent cinq grands programmes franco-allemands : le Scaf (avion de combat), le MGCS (combat terrestre), l’avion de patrouille maritime, le CIFS (artillerie) et le Tigre Mark III (hélicoptère).........

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