Dépendantes du kérosène du Golfe, les compagnies aériennes européennes subissent les turbulences de la guerre
Les turbulences ne sont pas finies pour le secteur aérien. La reprise des attaques au Moyen-Orient a de nouveau renchéri les cours du pétrole. Une mauvaise nouvelle pour les compagnies aériennes, qui doivent composer depuis le début du conflit avec l’incertitude persistante et une hausse de coûts qui rogne leurs marges.
Le secteur a en effet subi un double choc. Du côté de l’offre, les coûts du kérosène, qui représentent habituellement un quart du prix des billets d’avion, ont bondi. De plus, des liaisons ont été suspendues, notamment à destination de Dubaï, Riyad ou Tel Aviv.
« L’offre depuis la France a été réduite de 200 000 sièges en mars 2026 vers l’ensemble du Proche et Moyen−Orient, en lien direct avec le conflit », indique la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Au deuxième trimestre, le trafic aérien a baissé d’un million de passagers par rapport à l’an dernier, à 49,8 millions.
Du côté de la demande, les compagnies ont dû augmenter leurs prix, ce qui a dissuadé certains ménages de prendre l’avion cet été. « Les compagnies ont subi ce qu’on appelle un effet ciseau : des coûts en hausse et des recettes en baisse, avec des vols qui ont généré des pertes plutôt que des profits », explique Paul Chiambaretto, directeur de la chaire Pégase sur l’économie du transport aérien, à Montpellier.
L’envolée du kérosène
Le prix du kérosène a progressé bien davantage que celui de l’essence et du diesel, passant de 750 dollars la tonne avant la guerre à 1 950 dollars au pic de la crise.
Le raffinage de ce carburant est en effet très concentré géographiquement : la plupart des usines sont situées au Moyen-Orient, d’où provient près de la moitié des importations européennes de kérosène. Certaines raffineries ont été endommagées et d’autres ont vu leur production bloquée dans le détroit d’Ormuz.
« Faible croissance sur le trimestre et offre réduite en mars de 200 000 sièges vers le Moyen−Orient », direction générale de l’Aviation civile, T1 2026.
« Faible croissance sur le trimestre et offre réduite en mars de 200 000 sièges vers le........
