Patrick Lehingue : « Le RN est un parti-aubaine qui tire profit des transformations de la société française »
A la veille des élections municipales, la question taraude les observateurs : quel sera le score du Rassemblement national (RN) ? Des villes comme Toulon ou même Marseille tomberont-elles dans son escarcelle ? Sans jouer les oracles, les politistes Patrick Lehingue et Bernard Pudal sont récemment revenus, dans une très stimulante synthèse, sur les déterminants du vote Front national/Rassemblement national (Du FN au RN, les raisons d'un succès, PUF, janvier 2026).
L’originalité de leur travail est triple. Ils mettent tout d’abord en miroir un parti, son organisation et sa dynamique électorale, à rebours des approches qui se concentrent sur l’une de ces dimensions seulement. Ensuite, ils privilégient les explications sociologiques – concernant le rapport au système scolaire par exemple – plutôt que de se centrer sur des analyses du politique par le politique (les sondages, la lutte des chefs). Enfin, ils prêtent une attention au temps long plutôt qu’aux conjonctures électorales.
L’un des deux coauteurs, Patrick Lehingue, présente leurs résultats à Alternatives Economiques. De quoi aider à mieux comprendre le succès croissant d’un parti qui a moins changé qu’on ne le pense – et qu’il le dit.
Vous partez d’un étonnement à propos du hiatus que vous observez entre un parti de taille très modeste et des succès électoraux majeurs. Pourquoi ce point de départ ?
Patrick Lehingue : C’est en effet la question transversale qui ordonne l’architecture du livre : comment une organisation aussi maigre a-t-elle pu engranger une telle fortune électorale ? De manière surprenante, ce parti demeure ce qu’il était dès le départ, à savoir une petite entreprise politique artisanale avec un fonctionnement népotique, qui essaie d’engranger des prébendes qu’il distribue à un cercle de proches.
Circulation rapide de ses dirigeants, manque de formation des militants, manque de sérieux programmatique, faiblesse doctrinale… Autant de traits qui se déploient sur la très longue durée et qui justifient qu’on puisse dire que…
A la veille des élections municipales, la question taraude les observateurs : quel sera le score du Rassemblement national (RN) ? Des villes comme Toulon ou même Marseille tomberont-elles dans son escarcelle ? Sans jouer les oracles, les politistes Patrick Lehingue et Bernard Pudal sont récemment revenus, dans une très stimulante synthèse, sur les déterminants du vote Front national/Rassemblement national (Du FN au RN, les raisons d’un succès, PUF, janvier 2026).
L’originalité de leur travail est triple. Ils mettent tout d’abord en miroir un parti, son organisation et sa dynamique électorale, à rebours des approches qui se concentrent sur l’une de ces dimensions seulement. Ensuite, ils privilégient les explications sociologiques – concernant le rapport au système scolaire par exemple – plutôt que de se centrer sur des analyses du politique par le politique (les sondages, la lutte des chefs). Enfin, ils prêtent une attention au temps long plutôt qu’aux conjonctures électorales.
L’un des deux coauteurs, Patrick Lehingue, présente leurs résultats à Alternatives Economiques. De quoi aider à mieux comprendre le succès croissant d’un parti qui a moins changé qu’on ne le pense – et qu’il le dit.
Vous partez d’un étonnement à propos du hiatus que vous observez entre un parti de taille très modeste et des succès électoraux majeurs. Pourquoi ce point de départ ?
Patrick Lehingue : C’est en effet la question transversale qui ordonne l’architecture du livre : comment une organisation aussi maigre a-t-elle pu engranger une telle fortune électorale ? De manière surprenante, ce parti demeure ce qu’il était dès le départ, à savoir une petite entreprise politique artisanale avec un fonctionnement népotique, qui essaie d’engranger des prébendes1 qu’il distribue à un cercle de proches.
« Le RN demeure ce qu’il était dès le départ, à savoir une petite entreprise politique artisanale avec un fonctionnement népotique »
« Le RN demeure ce qu’il était dès le départ, à savoir une petite entreprise politique artisanale avec un fonctionnement népotique »
Circulation rapide de ses dirigeants, manque de formation des militants, manque de sérieux programmatique, faiblesse doctrinale… Autant de traits qui se déploient sur la très longue durée et qui justifient qu’on puisse dire que le FN et le RN sont des partis semblables.
Quand les........
