menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Viande : pourquoi les Français ne lâchent pas le morceau

25 0
20.05.2026

Réduire la consommation de viande serait à la fois bon pour le climat et pour la santé. Pourtant, elle ne baisse que très lentement dans l’Hexagone, en raison de politiques publiques insuffisamment volontaristes.

C’est une « occasion manquée ». Pour le Réseau action climat (RAC), la nouvelle stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat publiée le 11 février par les ministères de la Transition écologique et de la Santé, après deux ans et demi d’attente, n’est juste pas à la hauteur des enjeux. L’organisation, qui fédère les associations engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique, espérait notamment des engagements forts en matière de baisse de la consommation de viande et de charcuterie. Or, le texte n’appelle qu’à… 

C’est une « occasion manquée ». Pour le Réseau action climat (RAC), la nouvelle stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat publiée le 11 février par les ministères de la Transition écologique et de la Santé, après deux ans et demi d’attente, n’est juste pas à la hauteur des enjeux. L’organisation, qui fédère les associations engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique, espérait notamment des engagements forts en matière de baisse de la consommation de viande et de charcuterie. Or, le texte n’appelle qu’à sa « limitation », ainsi qu’à une réduction de la consommation de viande importée.

Le RAC aurait aimé y voir des mesures pour contrer l’essor des produits ultratransformés, une restriction de la publicité et du marketing pour la malbouffe. Et, plutôt qu’une « limitation » vague, un objectif de réduction de la consommation de viande, nécessaire pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.

D’autant plus qu’en France, les deux tiers de la population dépassent les recommandations nationales de santé publique en matière de consommation de charcuterie et un tiers les dépasse en matière de consommation de viande rouge (ruminants et porcs), précise Benoît Granier, responsable alimentation au RAC.

« L’excès de viande et la consommation insuffisante de fruits et légumes causent environ 85 000 morts chaque année, en favorisant notamment des cancers et des maladies cardio-­vasculaires », ajoute-t-il.

« L’excès de viande et la consommation insuffisante de fruits et légumes causent environ 85 000 morts chaque année, en favorisant notamment des cancers et des maladies cardio-­vasculaires », ajoute-t-il.

85 000 morts est une estimation, haute, du EAT-Lancet, une commission internationale de scientifiques de différentes disciplines spécialistes des enjeux d’alimentation, qu’on peut discuter mais il va sans dire que c’est un enjeu de santé publique.

Flexitariens, vraiment ?

Or, contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant se multiplier les menus végétariens dans les restaurants parisiens, la consommation de viande ne diminue que très peu en France. Après une légère baisse au cours des années 1990, notamment imputable à la crise de la vache folle, elle a quasiment stagné depuis quinze ans et a même connu une hausse de 2 % entre 2023 et 2024. Dans le même temps, elle diminuait au Royaume-Uni et en Allemagne.

Une quasi-stagnation de la consommation de viande depuis 2010

viande_conso_1800-2022.png

N. B. : l’utilisation de deux sources entraîne une rupture de série en 1960.

Ainsi, d’après une enquête européenne menée en 2023, 16 % des Français mangeaient du bœuf plus de trois fois par semaine, 14 %........

© Alternatives Économiques