La dépense publique au secours de la croissance, et 3 autres infographies à ne pas rater
Le graphorama, c'est quatre infographies sélectionnées chaque semaine par la rédaction pour regarder l'actualité autrement.
Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.
Au menu de ce nouveau graphorama : la demande intérieure publique progresse plus vite que la demande privée et tire la croissance ; les revenus du streaming continuent de progresser ; le passage à la retraite permet de faire diminuer le taux de pauvreté ; le coût des réparations automobiles explose...
Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.
Au menu de ce nouveau graphorama : la demande intérieure publique progresse plus vite que la demande privée et tire la croissance ; les revenus du streaming continuent de progresser ; le passage à la retraite permet de faire diminuer le taux de pauvreté ; le coût des réparations automobiles explose.
1/ Le dynamisme de la dépense publique permet de tirer la croissance
La demande publique croît plus vite que la demande privée
« Depuis 2022, la demande intérieure publique croît plus vite que la demande privée et elle contribue à environ la moitié de la croissance », explique l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. Heureusement que la dépense publique est là pour soutenir l’activité !
L’institut de statistique précise qu’afin de mieux refléter l’importance de la commande publique, il n’a comptabilisé dans la demande intérieure publique que les achats de consommations intermédiaires et les dépenses d’investissement, sans intégrer la composante salariale des administrations publiques (c’est-à-dire les dépenses que réalisent les fonctionnaires avec leur salaire).
Le dernier rapport de l’Observatoire économique de la commande publique nous éclaire un peu plus. Il montre qu’en 2024, 223 383 marchés publics ont été conclus pour un montant total de 233,3 milliards d’euros, soit l’équivalent de 8 % du PIB. Si 60 % des marchés sont signés avec une très petite ou moyenne entreprise, ils ne représentent que 25 % du montant total. Les collectivités locales sont les premières commanditaires de la commande publique avec 43 % du total, suivies par l’Etat (31 %), le secteur hospitalier (18 %) et quelques autres acheteurs. Voilà des dépenses publiques importantes que le Medef ne veut sûrement pas réduire…
2/ En dix ans, le streaming a sauvé l’industrie musicale
Le streaming tire les revenus mondiaux de la musique enregistrée
Les revenus du streaming musical continuent leur forte expansion : + 8,8 % en 2025 selon le dernier rapport de la Fédération internationale de l’industrie phonographique. De quoi porter l’industrie mondiale de la musique enregistrée, qui progresse également en 2025. Sur les 31,7 milliards de dollars de recettes mondiales du secteur, 22 milliards proviennent désormais des plateformes, soit 69,6 % des revenus globaux, contre seulement 20 % il y a dix ans.
Le support physique, quant à lui, confirme sa résistance et atteint un niveau de revenu jamais connu depuis 2014, à 5,3 milliards de dollars, grâce en partie à l’augmentation des ventes de vinyles (+ 13,7 % en un an).
Cette croissance globale masque toutefois des dynamiques régionales différentes, avec des marchés émergents comme l’Amérique latine ou l’Afrique subsaharienne : ils affichent des progressions très rapides (17,1 % et 15,2 %), tandis que les marchés européens et d’Amérique du Nord enregistrent des hausses, certes importantes, mais plus modérées (5,3 % et 3,7 %).
3/ Les retraites, rempart contre la pauvreté
La retraite fait sortir de la pauvreté
Prendre sa retraite, ce n’est pas simplement la promesse d’un repos bien mérité. Cela peut aussi être l’espoir de sortir enfin de la pauvreté. Comme vient de le souligner une récente étude de la Drees, « le taux de pauvreté baisse significativement lors du départ à la retraite ».
Juste avant de liquider leurs droits, 12,4 % des personnes nouvellement retraitées en 2021 étaient pauvres. Une fois leur pension touchée, elles n’étaient plus que 8,3 % dans cette situation peu enviable, soit une baisse de 4,1 points. Et toutes les catégories de nouveaux retraités en profitent : les hommes comme les femmes, ceux qui sont nés à l’étranger, mais aussi ceux qui ont vu le jour en France, les mariés comme les divorcés, les propriétaires comme les locataires, etc.
La baisse est cependant nettement plus spectaculaire pour ceux qui étaient au chômage ou inactifs. Ces statistiques mettent en évidence l’efficacité de notre modèle social, qui a réussi à résorber la pauvreté des personnes âgées, historiquement très élevée. Une performance aujourd’hui mise à mal par la multiplication des réformes des retraites.
4/ La réparation des voitures accidentées coûte de plus en plus cher
Le coût des réparations automobiles augmente beaucoup plus vite que l’inflation
La hausse du prix des carburants n’est pas seule à renchérir le coût d’utilisation d’une voiture : les réparations à la suite d’accidents ont connu une augmentation de 30 % en quatre ans, soit plus du double de l’inflation, montre la dernière édition de l’observatoire de l’organisme Sécurité et réparation automobiles (SRA), qui porte sur 1,4 million de sinistres en 2025. Cette inflation est principalement due au poste des pièces de rechange, qui représente plus de la moitié de la facture et a augmenté de + 33 % depuis 2021.
Les parties optiques enregistrent la plus forte hausse : peu réparables, de plus en plus complexes, elles sont presque systématiquement remplacées – tout comme, notamment, les boucliers avant et arrière. En cause, la présence croissante de capteurs, caméras et autres équipements électroniques, mais aussi les pièces monoblocs. « L’intégration progressive de véhicules toujours plus technologiques, plus équipés et répondant à des exigences réglementaires accrues continue de dégrader la réparabilité des pièces », note l’étude. Effet collatéral : cette hausse joue sur celle des primes d’assurance.
De quoi craindre une obsolescence accrue des autos ? Le taux de véhicules irréparables (12 %) tend à augmenter depuis trois ans… A noter : les véhicules électriques et hybrides sont plus coûteux à réparer que les thermiques, respectivement de 13 et 15 %, mais ce malus diminue avec les modèles les plus récents.
