Que risque le Brésil en cas de victoire de Flávio Bolsonaro ?
Une fois de plus le résultat d’une élection aura déjoué les pronostics des sondages. Luiz Inácio Lula da Silva, dit « Lula », le président de la République au Brésil, que les sondages plaçaient en tête, est finalement arrivé derrière son rival Flávio Bolsonaro, le dimanche 4 octobre 2026 à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Avec 47,03 % des votes valides pour ce dernier, contre 45,16 % pour Lula, le scrutin très polarisé n’a laissé que des miettes aux huit autres candidats en lice.
Visiblement, le fils aîné de l’ex-président Jair Bolsonaro a bénéficié du soutien, sous-estimé par les sondeurs, de « rassembleurs de voix » (puxadores de votos) : ces 54 000 conseillers municipaux élus et les 20 000 candidats, aux législatives dans les 27 Etats ou au Sénat, bien implantés localement, qui choisissent de promouvoir tel candidat plutôt qu’un autre, généralement en échange d’avantages immédiats ou futurs en cas de victoire.
Désormais, Flávio Bolsonaro peut se targuer d’avoir, en plus, le soutien de trois des quatre autres candidats malheureux à la présidentielle ayant obtenu plus de 2 % des votes dont Ronaldo Caiado, du pourtant modéré Parti social démocratique (PSD). Le succès inattendu de Flávio Bolsonaro doit aussi à la campagne en demi-teinte du Parti des Travailleurs (PT). De l’aveu même de Lula, « elle a été la moins bien organisée depuis l’élection de 1989 ».
A quelques jours du scrutin décisif, Lula met toutes ses forces dans la bataille. Afin de faire annuler la candidature du sénateur de droite, mercredi, ses équipes ont déposé une requête en justice contre Meta (Facebook, Instagram) qu’elles accusent de manipulation algorithmique au profit de Bolsonaro. Ce dernier n’a pas tardé à faire de même, reprochant à Lula une propagande abusive sur WhatsApp.
Enracinement de l’extrême droite
Reste que la position de force du fils de l’ex-président Jair Bolsonaro ne doit rien au hasard. Elle est surtout le résultat de l’enracinement du « bolsonarisme » dans tout le pays. Pour preuve, les succès fracassants du Parti libéral (PL) du clan Bolsonaro aux élections législatives et surtout sénatoriales. Le fait est particulièrement marquant dans le sud et le sud-est du pays où le PL et ses alliés enregistrent des scores records.
Si le père Jair avait sans modération mobilisé l’image de l’armée et enrôlé pléthore de généraux à la retraite, son fils Flávio n’a, cette fois-ci, même pas eu besoin d’elle pour donner du corps à sa candidature. Et les........
