Après les échecs de Keir Starmer, le nouveau Premier ministre travailliste est attendu au tournant
Le parti travailliste britannique a trouvé une voie de sortie en la personne d’Andy Burnham. L’ancien maire du Greater Manchester (l’agglomération mancunienne) doit devenir officiellement Premier ministre le 20 juillet, grâce au soutien de la quasi-totalité des députés du parti et après avoir rencontré le roi Charles III. Il succédera ainsi à Keir Starmer, qui a démissionné le 22 juin, mettant fin à deux ans d’un mandat compliqué, marqué par son impopularité record.
Les attentes étaient pourtant grandes après quatorze ans de gouvernements conservateurs à la tête du Royaume-Uni. Et le parti travailliste avait toutes les cartes en main après les élections de 2024, fort de 411 sièges sur les 650 que compte la Chambre des communes (l’équivalent de l’Assemblée nationale au Royaume-Uni).
Pendant deux ans, le gouvernement Starmer a concentré ses efforts dans trois domaines : le système de santé public (le NHS, en anglais), les retraites et la défense. Il a ainsi procédé à des revalorisations de salaires dans la fonction publique, qui avait longtemps été gelés par les conservateurs.
« L’exécutif a également souhaité augmenter les dépenses d’investissement, notamment dans le secteur de la santé, de l’éducation, ce qui est une bonne chose », approuve Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE.
« L’exécutif a également souhaité augmenter les dépenses d’investissement, notamment dans le secteur de la santé, de l’éducation, ce qui est une bonne chose », approuve Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE.
Il a également mené à bien des réformes renforçant les droits des locataires ou des travailleurs. Pour ces derniers, l’Employment Rights Bill, adopté en décembre 2025, contient plusieurs avancées. Le texte définitif est toutefois moins ambitieux que le projet initial. Ainsi, si l’indemnité maladie légale est étendue à tous les contrats zéro heure et les licenciements suivis de réembauche dans des conditions moins favorables sont finalement seulement fortement régulés au lieu d’être purement et simplement interdits.
Mesures impopulaires
« Ces avancées ne sont pas perceptibles immédiatement pour les Britanniques alors que, pendant le mandat de Starmer, les menaces sur les prestations sociales ont inquiété les classes populaires », indique Jacques Freyssinet, économiste associé à l’Ires.
« Ces avancées ne sont pas perceptibles immédiatement pour les Britanniques alors que, pendant le mandat de Starmer, les menaces sur les prestations sociales ont inquiété les classes populaires », indique Jacques Freyssinet, économiste associé à l’Ires.
Le chercheur fait référence à deux projets très impopulaires qui ont pollué le mandat du Premier ministre démissionnaire : la suppression partielle de la prestation sociale versée à tous les retraités pour leurs dépenses de chauffage et la baisse des prestations pour incapacité ou invalidité ainsi que le durcissement de leurs conditions d’éligibilité.
Le maintien du Two-child benefit cap, qui limite à deux enfants le droit d’accès à certaines prestations sociales, pénalisant les familles nombreuses, a aussi rencontré de vives critiques alors que Starmer avait promis de le supprimer.
Finalement, face au mécontentement, le gouvernement a rétropédalé sur les deux premières mesures et a mis fin à la troisième en avril 2026. Mais ces épisodes ont durablement miné la popularité de l’exécutif.
Scandales à répétition
Plusieurs scandales ont également éclaboussé l’ancien Premier ministre, notamment la nomination de Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur des Etats-Unis en février 2025. Cet homme politique à la........
