Le groupe Agence française de développement doit clarifier sa stratégie
Le groupe Agence française de développement (AFD), bras armé de la France en matière de coopération internationale pour le développement et le développement durable, a réussi, comme en 2024, à engager 13,7 Milliards d’euros (Mds€) à destination de 115 pays et au bénéfice également des départements et territoires d’outre-mer. Mais derrière ces chiffres attestant d’un maintien d’activité, d’un dynamisme renouvelé, une mutation majeure s’est en réalité opérée que le Groupe décrit pudiquement comme « une déformation de son portefeuille défavorable aux pays les plus vulnérables, aux secteurs sociaux, et aux activités en dons » (communiqué de presse du Groupe AFD publié le 16 décembre 2025 présentant ses résultats 2025). En effet, compte tenu de la baisse des crédits budgétaires qui lui sont alloués chaque année par le gouvernement français, le Groupe est placé dans l’obligation de réduire drastiquement cette partie de son activité. À l’inverse, il augmente son activité qui utilise du prêt (90 % de ses engagements en 2025) et notamment du prêt à condition de marché à destination des pays émergents qui ne coûtent rien aux finances publiques, dans le cas où ces prêts ne tombent pas en impayés (prêts souverains) et ne font pas l’objet d’une restructuration ou d’une annulation de dette, à la charge de l’État.
D’un Groupe qui œuvrait majoritairement en Afrique au début des années 2000 notamment en faveur des pays pauvres, on est passé en 2026 à une banque publique bilatérale de développement tournée vers les pays émergents, prêtant de plus en plus à condition de marché. Qu’il semble loin le temps de la zone de solidarité prioritaire - 19 pays les plus pauvres dont 16 africains - qui devait recevoir l’essentiel de l’Aide française et des concours du groupe AFD, aujourd’hui réduite comme peau de chagrin.
C’est dans ce contexte........
