Le financement de la coopération internationale, victime de sa propre commu...
Au moment où la coopération internationale est en crise, où les flux d’Aide publique au développement baissent drastiquement, il est urgent de retrouver un peu de transparence et de rationalité dans les agrégats statistiques employés pour informer de la réalité des efforts consentis en faveur de cette politique. Car les chiffres avancés par certains bailleurs de fonds sont souvent bien supérieurs à ce que reçoivent effectivement les pays bénéficiaires. Ces chiffres parfois artificiellement gonflés trompent également les décideurs comme l’opinion publique sur la réalité des efforts consentis.
Un sondage IFOP[1] sur la perception de ce que représente aux yeux de la population des pays du G7 la coopération internationale est de ce point de vue très instructif. Il montre que le coût budgétaire réel de la coopération internationale est fortement surestimé par l’opinion publique des pays donateurs et prêteurs.
Effectivement, il est très difficile de comprendre les statistiques qu’emploient certains spécialistes de la coopération internationale pour caractériser les flux réels de coopération internationale. En voici quelques exemples. Les agences ou banques de coopération internationale communiquent le plus souvent sur leurs engagements et non pas sur leurs décaissements. En matière de financement, les prêts et les dons sont souvent mélangés dans le même agrégat comme si un prêteur était équivalent à un donateur. S’agissant de la finance climat, les financements publics et privés se mélangent, sans tenir compte des flux retour, c’est-à-dire les flux de remboursement des emprunteurs envers les prêteurs. En matière de solidarité internationale, la mesure en don et en élément don de l’Aide publique au développement autorise à comptabiliser des dépenses effectuées par le donateur chez lui, sans transfert chez les bénéficiaires. Certains donateurs........
