La porte est ouverte pour Roy à Ottawa
Peu importe le fond exact de l’histoire, le constat demeure brutal : Patrick Roy a perdu son poste d’entraîneur-chef et tout indique que la relation avec Mathieu Darche ne s’est pas terminée harmonieusement à Long Island.
Pourquoi ? Voilà une question qui appelle réflexion.
Mathieu Darche s’est toujours présenté comme un gestionnaire posé. Un homme à la tête froide, peu enclin aux décisions dictées par l’émotion. Un contraste frappant avec Roy, coach reconnu pour son style abrasif et son tempérament bouillant.
Il faut rappeler que Lou Lamoriello, avant de quitter ses fonctions, avait offert à Roy un contrat de trois saisons. Darche a donc hérité de cette entente sans en être l’architecte. Une nuance importante.
N’empêche : personne ne voyait les Islanders participer aux séries cette saison. Personne... sauf Mathieu Darche. Il m’avait lui-même exhorté à croire aux chances de son club, avec un regard franc et des idées claires. J’avais trouvé son enthousiasme sincère et rafraîchissant, sans toutefois y croire une seconde.
Puis sont arrivés la progression de Mathew Schaefer et une saison exceptionnelle d’Ilya Sorokin. Moins de quatre matchs plus tard, Long Island frappait à la porte des séries.
Surpris mais toujours dans le coup, les Islanders ont forcé la main de leur directeur général. Darche a bougé : Ondrej Palat et le défenseur Carson Soucy ont été acquis à la fin janvier, avant l’ajout du vétéran centre Brayden Schenn le 6 mars.
Mais sur la glace, la réalité s’est imposée. New York n’a remporté que trois de ses dix derniers matchs.
L’histoire ne dit pas si Darche aurait posé ce geste en plein milieu d’un calendrier surchargé. Mais avec quatre jours complets avant le match suivant, le timing est devenu un motif supplémentaire justifiant un changement derrière le banc.
La collégialité a-t-elle déjà existé entre Roy et Darche ? Probablement.
Leur relation s’est-elle limitée aux politesses d’usage, loin de la véritable complicité qu’on observe ailleurs dans la ligue ? Probablement aussi.
Les épisodes hors cadre impliquant Roy — avec Anthony Duclair l’an dernier, avec Mathew Barzal cette saison — ont-ils fini par peser dans la balance ? Là encore, c’est probable.
Et au-dessus de Darche, la pression n’a sans doute jamais cessé. Résultats sportifs, revenus liés à une participation aux séries... Si Mathieu Darche affirmait publiquement avoir une équipe de séries entre les mains, il est raisonnable de croire qu’il tenait le même discours à ses patrons.
Résultat : Pete DeBoer obtient une nouvelle vie comme entraîneur-chef dans la LNH.
Un choix parfaitement défendable si l’objectif est d’accéder aux séries... sans nécessairement gagner la coupe Stanley. DeBoer offre deux garanties : une qualification en séries et une élimination avant le dernier pas. Deux finales perdues, six échecs en finale d’association, souvent avec des formations supérieures sur papier.
Cette fois, DeBoer se retrouve à la tête d’un club bien loin des puissances qu’il a dirigées à San Jose, Vegas et Dallas. Je croyais sincèrement que le traitement réservé à Jake Oettinger lors des séries avec les Stars, l’an dernier, l’écarterait définitivement du circuit Bettman.
Et si cette décision permet à Patrick Roy de se replacer rapidement, tant mieux. Il aurait été candidat au titre d’entraîneur de l’année s’il avait réussi à conduire les Islanders en séries.
À Ottawa, avec ou sans qualification, les Sénateurs se retrouvent devant une occasion en or de corriger une erreur majeure commise lors de l’embauche de Travis Green — une erreur que le propriétaire Michael Andlauer avait lui-même reconnue.
À lui de jouer. Et peut-être, de lancer enfin une nouvelle ère de rivalité avec le Canadien.
