Voici comment le Canadien peut battre le Lightning
Les chiffres ne veulent pas tout dire, mais ils veulent quand même dire beaucoup, au hockey. À ce chapitre, plusieurs données qui ont fait le succès des équipes championnes en séries éliminatoires, au cours des dernières années, sont à l’avantage du Lightning.
Mais tout n’est pas perdu. Derrière son premier trio, le Canadien est fragile en attaque. Sa défensive est toutefois jeune, bonne et sans complexe. Ses gardiens sont solides.
Voici les cinq clés sur lesquelles Montréal devra miser, selon moi, pour battre Tampa.
Il faudra l’apport du troisième trio
Quand on regardait les derniers matchs du Canadien, il était clair que Martin St-Louis essayait diverses choses. Son but semblait être de concocter un troisième trio, d’équilibrer les deuxièmes et troisièmes lignes pour obtenir un peu plus d’offensive.
Parce que Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky, ça va. Mais après, le CH concède au Lightning en termes de production offensive.
Est-ce que Montréal sera capable d’égaler la leur ? Il est plus facile de penser que le Canadien pourra l’empêcher de marquer.
Des joueurs comme Zachary Bolduc et Josh Anderson rempliront donc un rôle important. Parce qu’en séries, il y a un moment où ça devient plus un jeu de celui qui en donne le moins, plutôt que de celui qui en marque le plus.
Et comme Scotty Bowman le disait : les bonnes équipes gagnent la coupe avec l’extra qui provient du troisième trio.
Au nombre de coupes Stanley qu’il a remportées, on peut le croire ! Tu as beau avoir une bonne équipe, mais si tu as seulement deux trios qui produisent, ça devient difficile de gagner...
Le CH doit gagner la bataille de l’égalité numérique
Le Canadien est une tout autre équipe quand, dans un match, il a le dessus sur l’autre club à forces égales.
Les chiffres le prouvent. Sur les 48 victoires de Montréal cette année, il en a 34 durant lesquelles il a battu l’adversaire au pointage à cinq contre cinq. Ça donne un ratio de 70 %. Dans pareilles circonstances, le CH montre un dossier de 34-1-5.
Et à l’inverse, quand Montréal accorde plus de buts qu’il n’en marque à cinq contre cinq ? On parle d’une fiche de 6-20-2.
Bref, il vaut mieux miser sur la production à égalité numérique que de se fier à celle avec l’avantage d’un joueur. L’an dernier, contre les Capitals de Washington, le Canadien a remporté la bataille de l’égalité numérique dans sa seule victoire de la série.
Pour ce faire, il faudra notamment contrer le duo formé de Nikita Kucherov et Brandon Hagel, qui est sur la glace pour environ 75 % des buts du Lightning à forces égales.
Jakub Dobes devra poursuivre sur sa lancée
J’aime porter attention à la capacité qu’a un gardien de remporter ses départs. C’est un très bon indicateur de son niveau de compétition, qui est vital, en séries.
Cette saison, Jakub Dobes montre un ratio de victoires de 69 %, avec 29 gains en 42 départs. À ce chapitre, il dépassait en date de mardi l’expérimenté Andrei Vasilevskiy (67,2 %, 39 en 58).
C’est une des bonnes nouvelles pour le Canadien. Il mise sur deux gardiens de très bonne qualité, parce que du côté de Jacob Fowler, c’est un ratio de 52,9 % (9 en 17).
Bien sûr, Dobes n’a pas gagné tous ses matchs contre la même équipe, cette année. Mais il a battu deux fois le Lightning et Vasilevskiy dans les dernières semaines.
Maintenant, il devra encore améliorer ces chiffres. C’est ce que font les bons gardiens en séries comme l’a fait Sergei Bobrovsky l’an dernier avec les Panthers de la Floride.
Le désavantage numérique devra être solide
Le désavantage numérique du Canadien est vraiment hypothéqué en raison des absences de Noah Dobson et d’Alexandre Carrier.
Bien sûr, le Lightning vit aussi avec une lourde perte en défensive : celle de Victor Hedman, absent depuis trois semaines pour des raisons personnelles. Son retour changerait grandement la donne du côté de Tampa.
Il reste que Montréal devra trouver la manière de survivre le temps de quelques matchs sans ses deux défenseurs. L’équipe montre déjà un pourcentage de réussite beaucoup plus faible que celui du Lightning en désavantage numérique (78,2 % contre 82,7 %, en date de mardi).
Et c’est plus difficile à l’étranger, où le Canadien amorcera ses séries éliminatoires.
Le Canadien devra rester une équipe engagée... et éviter les mauvais départs
Le Canadien est capable de jouer un style rugueux et acharné. En saison, il a devancé le Lightning pour ce qui est de la moyenne de mises en échec, de tirs bloqués et de rondelles soutirées à l’adversaire par 60 minutes de jeu, avec 42,08 contre 36,04.
Ce n’est pas anormal, puisque Tampa contrôle davantage la rondelle, en général. Mais il demeure qu’il y a une bonne différence, à l’avantage du CH. Et compte tenu du fait que le niveau d’engagement – par exemple, le nombre de mises en échec complétées – augmente de 25 % en séries, il faudra que le Canadien maintienne ce rythme pour enlever du temps et de l’espace aux joueurs du Lightning.
Par contre, Montréal doit éviter à tout prix de tomber dans ses travers des derniers matchs, durant lesquels il a trop souvent connu de mauvais départs. En séries, ça ne pardonnera pas : il faut éviter le hockey de rattrapage !
– Propos recueillis par Jessica Lapinski
