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Peut‑on s’inspirer du Japon pour repenser la durabilité de la filière textile en France ?

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27.07.2026

Re conditionner le textile pourrait être un moyen de réduire l’empreinte écologique du secteur. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le Japon pratiquait encore la réutilisation à grande échelle des tissus pour créer de nouveaux habits. Comprendre le fonctionnement de ce modèle donne des pistes pour inventer un nouveau modèle de production et de consommation.

À l’échelle mondiale, l’industrie textile est le quatrième secteur ayant le plus d’impact sur l’environnement. Elle représente environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre et 20 % de la pollution mondiale d’eau potable. Corollaire d’une production toujours croissante, le cycle de vie des vêtements est de plus en plus court. Ce phénomène génère à son tour une quantité massive de déchets, à l’origine de catastrophes environnementales.

Si la France est en avance sur l’Europe dans l’application d’une responsabilité élargie du producteur (REP) à la filière textile, ses résultats restent néanmoins décevants. En 2023, seuls 32 % des textiles et chaussures mis sur le marché des particuliers ont été collectés. Et moins de 60 % des produits textiles collectés sont considérés comme réutilisables, faute d’une qualité suffisante.

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Une troisième voie existe

En réponse à ce problème, la durabilité appliquée au secteur textile s’articule aujourd’hui autour de deux leviers principaux : réduire la production – soit, faire moins, mais mieux ; et généraliser la collecte et le recyclage. Le premier est souvent présenté comme inévitable pour limiter l’impact environnemental de la filière. Cependant, il suppose de remettre en cause le modèle économique des acteurs qui dominent aujourd’hui le marché mais aussi de modifier les habitudes de consommation de la société. D’un autre côté, la rentabilité de l’activité de recyclage incite à maintenir des niveaux de production élevés, en contradiction avec l’objectif de réduction de son empreinte.

Dans ce débat, une troisième voie existe, pourtant rarement évoquée, en dépit d’une volonté affichée, le « reconditionnement ». Distinct de la simple notion de « seconde main », le terme désigne un ensemble de techniques et de........

© The Conversation