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Religions en Afrique : déchiffrer un paysage en constante transformation

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23.03.2026

Le continent africain est marqué par la grande diversité de ses expressions religieuses. Cependant, dans le débat international, il est souvent réduit à un affrontement simpliste entre islam et christianisme. Dans l’ouvrage l’Afrique des religions, à l’épreuve des chiffres et des catégorisations , qui vient de paraître aux éditions Maisonneuve & Larose-Hémisphères, et qu’il a co-dirigé avec Nathalie Bernard-Maugiron, juriste et directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, et Aurélien Dasré, démographe et maître de conférences à l’Université Paris Nanterre, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, politiste et directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, revient sur les histoires locales et les pratiques sociales qui ont forgé la pluralité religieuse du continent, en croisant anthropologie, démographie, droit et sciences politiques. Extrait de l’introduction.

Terre de mission par excellence, l’Afrique intéresse le religieux à bien des égards. Du fait de sa vitalité démographique, d’abord, elle fait l’objet de vifs débats sur l’ampleur, la nature et la profondeur de son islamisation et de son évangélisation, alors que les communautés de croyances des deux plus grosses religions abrahamiques sont elles-mêmes travaillées de l’intérieur par des contestations salafistes et pentecôtistes. L’Afrique subsaharienne, qui plus est, a toujours été une aire d’étude privilégiée pour les anthropologues des religions dites « traditionnelles », « fétichistes », « naturistes » ou « endogènes ». Historiquement, enfin, le continent a joué un rôle important dans le développement de l’islam et de la chrétienté.

Avant même l’hégire vers Médine du prophète Mohammed, l’Abyssinie copte a ainsi accueilli des musulmans persécutés par l’aristocratie mecquoise. Sur la péninsule arabique, le premier muezzin de l’islam, Bilal ben Rabah, était quant à lui un esclave noir éthiopien.

De leur côté, les pères fondateurs de l’Église comprenaient d’illustres figures comme saint Cyprien de Carthage, le théologien tunisien Quintus Tertullien ou bien encore Augustin d’Hippone, évêque de Numidie, dans l’actuelle Algérie. Pendant plusieurs siècles, le patriarcat d’Alexandrie a par ailleurs........

© The Conversation