Aujourd’hui, le droit protège les combustibles fossiles : une première conférence internationale veut briser ce verrouillage
Du 24 au 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie, une conférence inédite entend placer la sortie des combustibles fossiles au cœur de l’agenda international. Dans un contexte de dépendance fossile et de tensions géopolitiques, l’enjeu dépasse la transition énergétique : il s’agit de tester la capacité des États à transformer en actes un objectif climatique indispensable qui n’est pas, aujourd’hui, engagé à la hauteur requise. En cause, un véritable verrouillage juridique, économique et financier qui protège le capitalisme fossile, et qu’il va falloir désarmer.
Les gouvernements de la Colombie et des Pays-Bas organisent, du 24 au 29 avril 2026, à Santa Marta (Colombie) la première conférence internationale consacrée à une sortie juste des combustibles fossiles. L’enjeu est clair : mettre la sortie des combustibles fossiles au cœur d’une feuille de route politique, juridique et financière, fondée sur la réduction des dépendances, la transformation de l’offre et de la demande et une coopération internationale renforcée.
Ce n’est pas un sommet de plus : c’est un test de crédibilité. En 2024, la demande mondiale d’énergie a encore progressé et les énergies fossiles occupent toujours une place centrale dans le mix énergétique mondial. Malgré les inflexions introduites sur la sortie du charbon lors de la COP26 à Glasgow en 2021, puis sur la sortie des énergies fossiles lors de la COP28 à Dubaï en 2023, le soutien aux énergies fossiles se poursuit et la transition énergétique reste lente. Les États continuent de projeter, à l’horizon 2030, des niveaux de production fossiles très au-delà de ce qui serait compatible avec une trajectoire à 1,5 °C.
Nous savons donc deux choses : la sortie fossile est indispensable ; or elle n’est actuellement pas engagée à la hauteur requise.
Ce rendez-vous intervient, en outre, dans un contexte international de « backlash climatique » et de réaffirmation brutale de l’ordre fossile.
Aux États-Unis, la devise « Drill, baby, drill » a relancé la production, tandis que les crises géopolitiques (Ukraine, Venezuela et, désormais, Iran) rendent plus que jamais urgente la nécessité de s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures.
L’« éléphant dans la pièce » des négociations climatiques tient en grande partie au fait que le cadre juridique international protège le capitalisme fossile. Le résultat : un véritable « verrouillage » juridique qui concourt au maintien du statu quo sur les énergies fossiles. En conséquence, les........
