Cinq failles dans le mythe du travail « augmenté » par l’IA. Résultats d’un grand sondage québécois
On nous promet une révolution. L’intelligence artificielle rendrait le travail à la fois plus productif et plus agréable en nous libérant des tâches pénibles et en nous permettant d’investir plus de temps dans ce qui compte vraiment. C’est le récit du « travail augmenté ». Mais que vivent réellement les personnes qui travaillent déjà avec l’IA ?
Pour le savoir, notre équipe de recherche chapeautée par l’Observatoire international sur les impacts sociaux de l’IA et du numérique (Obvia), en partenariat avec onze organisations syndicales représentant plus de 1,4 million de membres, a interrogé 4 595 personnes syndiquées au Québec en 2025. Nos résultats invitent à revisiter sérieusement le mythe d’un travail universellement amélioré par la machine.
Des gains de productivité moins évidents qu’annoncé
Commençons par la promesse-phare : la productivité. Si l’IA tient ses promesses, ses utilisateurs et utilisatrices devraient travailler plus efficacement. Or, parmi les personnes qui s’en servent quotidiennement, seulement 44 % rapportent un réel gain de productivité. Plus surprenant encore, 26 % déclarent au contraire une perte d’efficacité à cause de la technologie.
Ces pertes de productivité découleraient notamment de la prolifération de travail « vite fait mal fait » avec l’IA (‘AI slope’ en anglais) dont la piètre qualité entraîne des pertes de temps parfois significatives. Ce peut être un rapport qu’il faut reprendre, car il ne répond pas aux normes de qualité, des informations qu’il faut vérifier, car jugées peu viables, une chaîne de courriels devenue incompréhensible et qui nécessite d’être clarifiée entre collègues, etc.
Adopter l’IA ne garantit........
