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Pourquoi nos angoisses atteignent des sommets au beau milieu de la nuit

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Pourquoi nos angoisses atteignent des sommets au beau milieu de la nuit

Thomas Messias – 30 avril 2026 à 20h55

Le phénomène n'est pas loin d'être universel, ce qui peut éventuellement aider à le vivre moins mal lorsqu'il survient.

Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur Fast Company

Il y a les gens qui dorment comme des bébés, de longues heures d'affilée, pour se réveiller le lendemain matin plus reposés que la veille, rassérénés par cette session de sommeil ô combien réparatrice… et il y a les autres, qui se réveillent régulièrement en pleine nuit et en profitent pour ruminer des angoisses qui, en pleine journée, leur sembleraient probablement démesurées.

Pour certains, ce type d'épisode se renouvelle chaque nuit, parfois plus d'une fois, faisant ressembler leur sommeil à un amas de miettes de repos. Or, «si vous dormez huit heures de façon très fragmentée, vous n'êtes pas significativement mieux loti qu'une personne qui dort quatre heures d'un seul bloc», explique à Fast Company la psychologue clinicienne Kristen Stone, spécialisée en médecine comportementale du sommeil.

Si les pics d'anxiété surviennent fréquemment au milieu de la nuit, c'est d'abord parce que les distractions sont moins nombreuses. En journée, accaparés par notre travail, nos loisirs et nos tâches quotidiennes, nous oublions pour la plupart nos problèmes et nos angoisses –ce qui, souvent, nous arrange bien.

Mais le cerveau est un organe efficace: une fois toutes ces obligations remplies ou mises de côté pour la journée, il se consacre aux dossiers restants. Kristen Stone décrit une sorte d'effet boule de neige mâtiné d'effet Streisand: lorsque nous nous retrouvons seuls avec nous-mêmes, désœuvrés, nous tentons d'éviter les sources d'angoisse en nous interdisant de penser aux sujets déclencheurs… ce qui a pour effet de nous pousser à y songer davantage.

Mais ce n'est pas tout: la fatigue nous rend plus vulnérables à l'anxiété, ajoute la neuropsychologue Sanam Hafeez. Celle-ci précise qu'il existe également une composante biologique à nos peurs nocturnes: c'est en effet à ce moment-là que nous sommes les plus sensibles au danger. La responsable se nomme l'amygdale, zone située dans le lobe temporal, qui fait office de nœud central du circuit neuronal de la peur.

Selon un groupe de recherche états-unien à l'origine d'une étude titrée «The Mind After Midnight», c'est bien la nuit que notre esprit est plus enclin aux pensées négatives, émotionnelles et irrationnelles. L'étude met en évidence une augmentation de comportements destructeurs et/ou autodestructeurs, comme les pensées suicidaires, la consommation d'alcool, la suralimentation nocturne et les actes violents.

Les conseils donnés pour combattre des pics d'anxiété nocturnes (apprendre à gérer son stress, trouver des distractions douces, coucher ses angoisses sur le papier, accepter qu'angoisser soit normal, adopter des horaires de sommeil réguliers) ne sont peut-être pas optimaux pour tout le monde. Mais c'est à chacun et chacune d'y puiser les meilleures façons de traverser la nuit sans qu'elle soit –trop– synonyme d'anxiété, avec en prime le fol espoir de se réveiller le lendemain matin avec un sentiment de repos.

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