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Le choix du prochain secrétaire général de l'ONU, un angle mort européen

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11.04.2026

Le choix du prochain secrétaire général de l'ONU, un angle mort européen

Reinhold Brender, Telos – 11 avril 2026 à 17h00

Le secrétaire général des Nations unies est la dernière voix individuelle, dotée d'un mandat universel, pour exiger que le pouvoir se soumette au droit. En ce sens, alors qu'António Guterres cèdera son poste fin 2026, l'actuel processus de succession est primordial.

Temps de lecture: 5 minutes

L'Organisation des Nations unies (ONU) a été bâtie sur un principe: les États membres doivent fonder juridiquement le recours à la force. Ce principe fait aujourd'hui l'objet d'un assaut frontal. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont frappé plus de vingt sites en Iran, après l'échec de négociations nucléaires sous médiation omanaise. L'Iran a riposté par des missiles et des drones contre Israël et des installations américaines dans le Golfe, portant atteinte à la souveraineté de plusieurs États.

Le jour même, le secrétaire général António Guterres s'est adressé au Conseil de sécurité des Nations unies réuni en session d'urgence. Il a invoqué l'interdiction du recours à la force et déclaré: «Le droit international et le droit international humanitaire doivent toujours être respectés.» Il a condamné les frappes américano-israéliennes, puis les attaques de représailles iraniennes.

Dans ce contexte, l'Union européenne (UE) devrait accorder une attention bien plus soutenue à un processus qu'elle ignore largement: la sélection en cours du prochain ou de la prochaine secrétaire général·e des Nations unies, pour succéder à António Guterres à partir du 1er janvier 2027.

Le droit international mis à l'épreuve

Sous Donald Trump, les États-Unis sont passés du traitement de leurs engagements multilatéraux comme de simples indications au lancement de ce que la doctrine américaine qualifie elle-même de «war of choice». Lorsque le principal architecte de l'ordre d'après-1945 bafoue le droit, les autres pays apprennent vite. Dans un tel monde, le secrétaire général des Nations unies, seule voix individuelle à mandat universel, est devenu indispensable pour exiger que le recours à la force repose sur un fondement juridique.

Le droit international remplit toujours sa fonction première: permettre aux États de coexister, de coopérer et de régler leurs différends en l'absence d'autorité supérieure. Il perd toutefois son emprise sur ceux qu'il était censé lier. Les membres permanents du Conseil de sécurité (les «P5»: Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) utilisent leur droit de veto pour se soustraire, eux et leurs alliés, à toute obligation de rendre des comptes; Washington s'est en........

© Slate