99,69% des plombiers sont des hommes: quelle place pour les femmes dans le BTP?
99,69% des plombiers sont des hommes: quelle place pour les femmes dans le BTP?
Longtemps éloignées des filières techniques et manuelles, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers le bâtiment au cours de leur vie professionnelle. Une arrivée qui répond à des aspirations d'autonomie et de travail concret, mais qui se heurte encore au sexisme et aux conditions de travail difficiles des chantiers.
Temps de lecture: 6 minutes
22 septembre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
«Pendant le Covid, tout a été bouleversé dans mon entreprise. Il y a eu des rachats, des fusions, ça perturbait pas mal mon activité, je commençais à saturer… C'est là que m'est revenue l'idée d'entreprendre dans le secteur de l'habitat. J'y avais déjà pensé auparavant mais mes enfants étant petits, j'avais mis l'idée de côté», se remémore Céline, 42 ans. Lasse de son bureau à La Défense, cette dernière envisage le bâtiment après avoir rénové un appartement puis fait construire une maison, avec son conjoint.
Pour Alisa, 28 ans, le BTP s'est imposé un peu par hasard. Hôte d'accueil dans une salle d'escalade après des études de langues, la Strasbourgeoise cherche un boulot plus physique: «Une copine charpentière-menuisière m'a parlé de son métier et comme j'aimais déjà bien bricoler, elle m'a proposé de l'accompagner sur un chantier.» Céline devient peintre en bâtiment à son compte, Alisa, carreleuse-mosaïste en apprentissage. Toutes deux rejoignent alors les rangs, minces mais bel et bien existants, des femmes qui travaillent sur le terrain dans le milieu du bâtiment.
Le bâtiment comme plan B
Si l'on trouve de nombreux parcours de reconversion dans les profils féminins du BTP, cela n'a rien d'anodin: le genre est un facteur, parmi d'autres, qui influence le parcours scolaire et les choix post-bac. Camille Lizop, journaliste, cofondatrice de l'association La Taloche (pour l'appropriation des savoir-faire techniques par les femmes et personnes sexisées) et autrice d'un livre sur le sujet à paraître aux éditions JC Lattès début 2027, explique: «Un chiffre de l'Ined montre qu'en 2025, 81% de filles de deux ans jouaient régulièrement à la poupée contre 19% de garçons. Les petits garçons jouent beaucoup plus au camion: ils sont 89% à y jouer contre 32% de petites filles. La socialisation genrée vient se renforcer à différents moments de la vie, dont au moment de l'orientation scolaire et professionnelle, qui reste très genrée.»
En 2024, l'académie de Strasbourg enregistrait ainsi 22% de garçons en bac pro pour 8% de filles. La présence des filles s'appauvrit considérablement lorsque l'on........
