Vous refusez la dictature de l'IA? Il est encore temps de ressusciter Ned Ludd
Vous refusez la dictature de l'IA? Il est encore temps de ressusciter Ned Ludd
Figure mythique de la contestation ouvrière, Ned Ludd est le capitaine des «briseurs de machines» qui ébranlèrent l'Angleterre au XIXe siècle. La fronde anti-IA contemporaine ferait bien de s'en inspirer.
Temps de lecture: 4 minutes
11 octobre 2026 à 8h55 – Édité par Manon Michel
Piratage de données, désinformation, cyberattaques, réchauffement climatique, pillage de propriété intellectuelle, destruction d'emplois, surveillance, dépendance, atteintes à la santé mentale… Quelles que soient les raisons que l'on a de se méfier de l'intelligence artificielle (IA), chacune semble valable. Ces derniers mois, d'ailleurs, les inquiétudes n'émanent plus seulement de la société civile, mais aussi des acteurs de l'industrie. En septembre dernier, Dario Amodei, le boss d'Anthropic, a appelé à modérer le développement de l'IA «pour que la prévention des risques soit en mesure de suivre le rythme».
En parallèle, la résistance civile s'organise. Boycotter les produits de la big tech, soutenir les artistes et les créateurs humains, insérer «-AI» dans sa barre de recherche Google, poursuivre en justice les acteurs néfastes de l'industrie sont autant de clés pour refuser le diktat des robots. Certains vont jusqu'à entamer des grèves de la faim ou bloquer la construction de data centers pour faire savoir leur indignation. Et tous entretiennent, parfois sans le savoir, l'héritage d'un contestataire de légende: Ned Ludd.
Rage against the machine
Tout commence au début du XIXe siècle, dans une Angleterre soufflée par la Révolution industrielle. Plusieurs innovations successives bouleversent le monde du travail: c'est notamment le cas du métier à tisser mécanique, breveté en 1785, qui sonne le glas des petites mains de l'industrie textile. Alors qu'il s'agissait autrefois d'un travail artisanal effectué à domicile, la machine le relocalise en ville,........
