Les crottes de chevaux sont meilleures que les crottes de mouton et on vous explique pourquoi
Les crottes de chevaux sont meilleures que les crottes de mouton et on vous explique pourquoi
On pensait tout savoir sur l'impact de l'élevage sur nos paysages. Mais en observant de très près ce qui se passe dans les crottins des hautes steppes de Lozère, des chercheurs ont découvert un phénomène totalement inattendu qui remet en question la façon dont nous devons protéger la planète.
Temps de lecture: 6 minutes
Par Laurent Tatin, Clémentine Mutillod, Elise Buisson, Pierre Jay-Robert
10 octobre 2026 à 16h55
Un changement majeur s'est opéré depuis la sédentarisation de l'humain: les paysages européens autrefois pâturés par des ongulés sauvages (aurochs, bison, cheval, élan, etc.) abritent désormais majoritairement des herbivores domestiques voués à l'alimentation humaine. Le fait de soumettre ces herbivores à un contrôle de la reproduction, de l'alimentation et des aspects sanitaires, a modifié de manière fondamentale le fonctionnement d'écosystèmes jadis pâturés par des herbivores libres d'exprimer tous leurs comportements.
Cette modification est notable même lorsqu'on fait pâturer des élevages sur de vastes espaces et selon les règles du pastoralisme. Mais que se passe-t-il alors lorsque les herbivores sont gérés à nouveau plus librement? Ou lorsqu'on réintroduit des ongulés sauvages?
Les steppes du Causse Méjean
En France, un endroit est particulièrement propice pour répondre à ces questions. Il s'agit du Causse Méjean, en Lozère, où depuis trente ans, vit une population de chevaux de Przewalski gérée par l'association Takh.
Également appelés takhi, ces chevaux vivaient à l'état sauvage en Asie centrale depuis au moins cinq mille ans avant d'être exclusivement maintenus en parc zoologique entre 1969 et 1992. Mais depuis 1993, 11 individus ont été introduits à des fins de préservation de l'espèce et de l'écosystème steppique de cette partie du parc national des Cévennes, où leurs descendants vivent aujourd'hui de façon autonome. Non loin d'eux, sur le même plateau calcaire qui culmine à 1.250 mètres, pâturent également des brebis depuis plus de mille ans et des chevaux domestiques y sont aussi élevés de manière extensive depuis une vingtaine d'années pour les courses d'endurance.
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Cette situation permet donc de comparer aujourd'hui, sur un même territoire, l'impact de ces différents groupes d'herbivores sur la biodiversité du Causse Méjean.
Regarder du côté des bousiers
C'est précisément ce que nous avons voulu faire, en nous intéressant notamment aux bousiers, des insectes coléoptères dits «coprophages» qui se nourrissent des déjections d'herbivores. Certains bousiers pondent leurs œufs à l'intérieur même des déjections, ou juste à côté. D'autres vont déplacer des morceaux de matière fécale et les enterrer plus loin pour que la femelle puisse pondre dedans.
Par leur activité, ces petits animaux jouent ainsi un rôle essentiel dans les écosystèmes pâturés en permettant le recyclage........
