«Une aspiration à couper et à se déconnecter»: la randonnée sort des sentiers battus
«Une aspiration à couper et à se déconnecter»: la randonnée sort des sentiers battus
En 2025, près de 30 millions de Français ont randonné au moins une fois. Entre recherche de bien-être, nouveaux parcours et influence des outils numériques ou des réseaux sociaux, la marche à pied connaît un attrait inédit.
Temps de lecture: 6 minutes
25 juin 2026 à 6h55 – Édité par Émile Vaizand
L'été est arrivé et, avec les beaux jours, l'envie de repartir sur les sentiers surgit. La randonnée, reconnue comme l'activité physique préférée des Français, n'a jamais autant séduit. Selon la dernière étude sur les pratiques de la marche à pied, publiée en janvier par la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRandonnée), 62% des Français ont effectué au moins une randonnée (un parcours pédestre arpenté en plus de quatre heures, selon la définition de la fédération) au cours des douze mois de l'année 2025, soit près de 30 millions de personnes. Un bond de 10% et 3 millions de pratiquants par rapport à 2021.
Si la marche à pied connaît aujourd'hui un engouement particulier, son histoire raconte autre chose. Les premiers randonneurs étaient d'abord «méprisés et rejetés par les alpinistes, mais aussi par les tenants de la marche sportive qui se développe spectaculairement à la fin du XIXe siècle», retrace Antoine de Baecque, historien et critique de cinéma, dans son essai Une histoire de la marche, publié en 2016 aux éditions Perrin. L'ouvrage rappelle que les pratiquants commencent à tracer, baliser et entretenir les chemins dès les années 1830, notamment dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne).
Pour Grégory Quin, historien et enseignant-chercheur à l'Institut des sciences du sport de l'université de Lausanne (Suisse), l'un des jalons marquants de la randonnée moderne en Occident reste la publication des Rêveries du promeneur solitaire, de Jean-Jacques Rousseau, en 1782. «Dès lors, il ressort que la marche peut avoir un bénéfice pour l'âme», rapporte-t-il. Il faudra toutefois attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que cette activité soit reconnue comme une pratique sportive.
«Pour randonner, il faut disposer de temps libre, poursuit Grégory Quin. La libération progressive du temps de travail au profit des loisirs a d'abord profité aux classes bourgeoises. Au XXe siècle, la pratique se démocratise, notamment autour des grands massifs alpins.» L'essor d'une première version soft de l'alpinisme accompagne alors le développement du tourisme de montagne.
Depuis le Covid-19, on marche de plus en plus
Plus récemment, la pandémie de Covid-19 a donné un véritable coup de fouet à la discipline. Dans son baromètre national des pratiques sportives 2022, l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) relevait une hausse de la pratique sportive régulière, largement portée par la marche à pied et la randonnée. 58% des femmes déclaraient randonner au moins une fois par........
